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Snoop Dogg (de son vrai nom — Calvin Cordozar Broadus Jr. ; né le 20 octobre 1971 à Long Beach, Californie, États-Unis) est un rappeur, auteur-compositeur, producteur, acteur, animateur de télévision et entrepreneur américain, l’une des figures les plus reconnaissables de l’histoire du hip-hop. Son flow calme et étiré est devenu l’une des voix caractéristiques du West Coast rap et du G-funk, tandis que son premier album Doggystyle lui a assuré le statut de star majeure dès le début des années 1990.
La carrière de Snoop Dogg s’est toutefois révélée bien plus vaste que son image initiale d’artiste gangsta rap. En plusieurs décennies, il est passé par Death Row et No Limit Records, a enregistré du reggae sous le nom de Snoop Lion, expérimenté avec le funk et le gospel, publié des projets collaboratifs, repris possession de la marque Death Row Records en tant que propriétaire et poursuivi sa discographie solo jusque dans les années 2020. Parallèlement, Snoop est devenu animateur, acteur, mentor sportif et l’une des personnalités médiatiques américaines les plus reconnaissables de sa génération.
Long Beach, l’église et l’origine du surnom Snoop
Calvin Broadus grandit à Long Beach. Sa mère, Beverly Tate, joue un rôle important dans son éducation ; son père biologique, Vernell Varnado, est absent pendant une grande partie de son enfance. Le nom Calvin Cordozar Broadus Jr. est lié à son beau-père, Calvin Broadus Sr.
Le surnom Snoopy apparaît lui aussi à la maison : sa mère l’appelle ainsi en raison de son affection pour le personnage de la bande dessinée Peanuts et d’une certaine ressemblance physique. Le surnom d’enfance est ensuite raccourci en Snoop et devient la base de son nom de scène.
La biographie musicale de Snoop ne commence pas avec le rap. Enfant, il chante et joue du piano dans une église baptiste. Broadus commence à s’intéresser sérieusement au rap alors qu’il est encore à l’école et se souviendra que ses improvisations dans les couloirs attiraient des groupes entiers d’élèves autour de lui.
213, Nate Dogg et Warren G
L’une des principales étapes de ses débuts est le groupe 213, dont le nom fait référence à l’indicatif téléphonique de Long Beach à l’époque. Son entourage comprend Snoop, ses proches Nate Dogg et Lil' ½ Dead, ainsi que son ami Warren G. Ce sont précisément les démos enregistrées à domicile par ce cercle qui finissent par changer la carrière de Snoop.
Warren G joue un rôle particulièrement important — il est le demi-frère de Dr. Dre. C’est par son intermédiaire qu’une cassette contenant un freestyle de Snoop arrive jusqu’à Dre. Le producteur est intrigué par le timbre caractéristique et la manière inhabituelle du jeune rappeur, puis l’invite à une audition.
Cette rencontre détermine non seulement la première étape de la carrière de Snoop Dogg, mais aussi une grande partie de son histoire musicale pour les décennies suivantes.
Deep Cover et The Chronic
La première grande collaboration entre Dr. Dre et Snoop Doggy Dogg est Deep Cover — le morceau-titre du film de 1992. Presque immédiatement, Dre fait participer son nouveau partenaire à l’enregistrement de son premier album solo, The Chronic.
Snoop est présent sur le disque bien au-delà du rôle habituel d’un rappeur invité. Sa voix devient l’un des éléments centraux de The Chronic, notamment sur Nuthin' but a 'G' Thang, Fuck wit Dre Day et d’autres morceaux. C’est ici qu’un large public américain découvre pour la première fois son flow décontracté caractéristique, posé sur les productions G-funk lentes et riches en synthétiseurs de Dre.
Le succès de The Chronic crée un intérêt exceptionnel pour le propre album de Snoop avant même sa sortie.
Doggystyle — l’un des plus grands débuts rap des années 1990
Doggystyle sort le 23 novembre 1993 chez Death Row Records. Dr. Dre est le principal architecte du son, tandis que l’album pousse l’esthétique G-funk vers l’une de ses formes les plus immédiatement reconnaissables : lignes de basse lentes, synthétiseurs aigus, samples funk et flow volontairement détendu de Snoop.
Le disque débute à la première place du Billboard 200 et se vend à environ 806 000 exemplaires durant sa première semaine. Billboard souligne qu’il s’agit alors d’un démarrage record pour un nouvel artiste, tous genres confondus.
Les principaux morceaux sont Who Am I (What's My Name)?, Gin and Juice, Doggy Dogg World et Murder Was the Case. Dès mai 1994, la RIAA américaine certifie l’album quadruple platine.
Doggystyle fixe plusieurs éléments essentiels de l’identité de Snoop : un flow proche de la conversation, un vocabulaire typiquement ouest-californien, de l’humour, du storytelling et une manière presque chantée de placer les mots dans le rythme. Contrairement au style plus agressif de nombreux artistes gangsta rap de l’époque, Snoop donne souvent l’impression de ne pas attaquer le beat, mais de glisser librement dessus.
Le procès et Murder Was the Case
L’ascension de sa carrière coïncide avec une période judiciaire difficile. En 1993, Snoop est inculpé dans le cadre d’une fusillade mortelle commise par son garde du corps. L’affaire se poursuit pendant une grande partie de ses premières années de célébrité ; en 1996, Snoop Dogg est acquitté de l’accusation de meurtre. Il décrira plus tard ce moment comme l’un des tournants les plus importants de sa vie.
Le thème du procès et d’une éventuelle incarcération avait déjà été réinterprété artistiquement dans le court métrage et la chanson Murder Was the Case. Le projet et sa bande originale deviennent un élément important de la mythologie du premier Death Row, mais l’affaire judiciaire réelle et l’intrigue fictive du film doivent être clairement distinguées.
Tha Doggfather et la fin de la première période Death Row
Le deuxième album solo, Tha Doggfather, sort en 1996 dans une atmosphère totalement différente. Dr. Dre a déjà quitté Death Row, Tupac Shakur est mort peu avant la sortie du disque et les relations au sein du label deviennent de plus en plus tendues. Malgré l’absence de Dre, l’album atteint une nouvelle fois la première place du Billboard 200 et reçoit une certification double platine de la RIAA.
Snoop décide peu après de quitter Death Row. Il décrira plus tard ce départ non seulement comme un conflit professionnel, mais aussi comme une tentative de s’éloigner physiquement et psychologiquement d’un environnement qu’il jugeait de plus en plus dangereux.
Master P et No Limit Records
En 1998, Snoop signe chez No Limit Records — le label de Louisiane en pleine croissance de Master P. Ce changement est fondamental : il permet à l’artiste de poursuivre sa carrière en dehors de Death Row tout en découvrant un autre modèle économique dans l’industrie musicale.
Le premier album de cette période est Da Game Is to Be Sold, Not to Be Told (1998), qui prend lui aussi la tête du Billboard 200. Suivent No Limit Top Dogg (1999) et Tha Last Meal (2000). La RIAA certifie le premier double platine et les deux suivants platine.
No Limit Top Dogg marque également la reprise du travail en studio avec Dr. Dre. À la même époque, Snoop participe à l’album 2001 de Dre, notamment à Still D.R.E. et surtout The Next Episode, qui devient l’une des collaborations les plus connues des deux artistes.
Tha Eastsidaz et la préservation du son West Coast
Au tournant du millénaire, Snoop développe en parallèle le projet Tha Eastsidaz avec Tray Deee et Goldie Loc. Leur premier album, Snoop Dogg Presents Tha Eastsidaz, sorti en 2000, obtient une certification platine aux États-Unis.
Le projet permet à Snoop de conserver un lien plus direct avec le West Coast gangsta rap traditionnel à une époque où ses propres albums solo deviennent de plus en plus variés sur le plan stylistique.
Paid tha Cost to Be da Bo$$ et Beautiful
En 2002 paraît Paid tha Cost to Be da Bo$$. La collaboration avec The Neptunes — le duo de producteurs formé par Pharrell Williams et Chad Hugo — devient particulièrement importante. Le single Beautiful avec Pharrell et Charlie Wilson atteint la sixième place du Billboard Hot 100 et apporte à Snoop deux nominations aux Grammy.
Après Dr. Dre, la collaboration avec Pharrell devient l’une des plus importantes de sa carrière. Elle démontre que la voix de Snoop peut fonctionner aussi naturellement dans le G-funk traditionnel que dans les productions beaucoup plus minimalistes, sèches et contemporaines de The Neptunes.
Drop It Like It's Hot — son premier numéro un solo au Hot 100
Le point culminant de cette collaboration est Drop It Like It's Hot avec Pharrell, extrait de l’album R&G (Rhythm & Gangsta): The Masterpiece de 2004. Le morceau atteint la première place du Billboard Hot 100 et y reste pendant trois semaines. Il s’agit du premier et, à ce jour, du seul numéro un américain de Snoop Dogg en tant qu’artiste principal.
Le beat minimaliste, les claquements de langue à la place d’une base de batterie massive traditionnelle et la delivery presque chuchotée de Snoop distinguent nettement l’enregistrement de ses œuvres de l’époque Doggystyle. L’album comprend également Signs avec Justin Timberlake et Charlie Wilson, ainsi que d’autres morceaux davantage orientés pop.
Tha Blue Carpet Treatment et le retour vers la West Coast
Après le plus commercial R&G, Snoop sort en 2006 Tha Blue Carpet Treatment. Il revient ici beaucoup plus nettement au West Coast hip-hop tout en travaillant avec Dr. Dre, Pharrell, Timbaland, R. Kelly, Akon, The Game et d’autres artistes. Dre produit plusieurs morceaux, poursuivant sa collaboration intermittente avec Snoop.
L’album devient un nouvel exemple du fait que Snoop ne considère pas son passage dans la culture pop comme un abandon de son identité rap. Dans son catalogue, les singles radiophoniques et le matériel West Coast beaucoup plus traditionnel coexistent de plus en plus souvent.
Ego Trippin', Sexual Eruption et les expérimentations vocales
Ego Trippin', sorti en 2008, pousse encore plus loin cette approche. Sur Sensual Seduction, également connue dans sa version originale sous le titre Sexual Eruption, Snoop utilise largement Auto-Tune et un véritable chant. L’enregistrement reçoit deux nominations aux Grammy — pour la performance rap solo et la chanson rap.
Cette période est importante parce que Snoop cesse de considérer son propre style comme une formule immuable. Rap, chant, funk et pop peuvent de plus en plus coexister sur une même sortie.
Young, Wild & Free et le travail avec une nouvelle génération
Au début des années 2010, Wiz Khalifa devient un partenaire important. Leur projet commun Mac & Devin Go to High School est accompagné du single Young, Wild & Free avec Bruno Mars, qui obtient avec le temps plusieurs certifications platine et une nomination aux Grammy dans la catégorie Best Rap Song.
Cette collaboration illustre bien l’une des raisons de la longévité inhabituelle de Snoop Dogg : il a rarement abordé les jeunes artistes uniquement comme un représentant de la « vieille école » et s’est constamment intégré à la musique des générations suivantes comme un participant toujours actif.
Snoop Lion et Reincarnated
L’un des virages stylistiques les plus radicaux de sa carrière est la période Snoop Lion. Après un voyage en Jamaïque, l’artiste modifie temporairement son nom de scène et enregistre l’album reggae Reincarnated, sorti en 2013.
Sur le disque, le rap cède largement la place au chant et au reggae/dancehall. Parmi les chansons les plus connues figurent No Guns Allowed, Ashtrays and Heartbreaks et Here Comes the King. Reincarnated reçoit une nomination aux Grammy comme Best Reggae Album.
Le pseudonyme Snoop Lion ne remplace pas définitivement Snoop Dogg. Il correspond à une période créative précise, après laquelle l’artiste revient à son nom principal.
Snoopzilla et 7 Days of Funk
Presque simultanément, Snoop explore un autre aspect de son ADN musical — le funk. Avec le producteur Dâm-Funk, il crée le projet 7 Days of Funk et utilise le nom Snoopzilla, une référence à Bootsy Collins. Ce travail montre particulièrement bien à quel point le G-funk de sa première carrière était profondément lié au P-Funk et à une tradition funk américaine plus ancienne.
Bush et les retrouvailles complètes avec Pharrell
En 2015 paraît Bush, entièrement produit par Pharrell Williams. À la place du gangsta rap, l’album est construit autour du funk, de la soul et d’une esthétique dance plus légère. Parmi les principaux morceaux figurent Peaches N Cream, So Many Pros et California Roll.
Bush devient la continuation logique d’une trajectoire commencée avec Beautiful et Drop It Like It's Hot : la voix de Snoop est suffisamment caractéristique pour conserver son identité même lorsque l’environnement musical change presque entièrement.
Coolaid, Neva Left et le retour à sa propre histoire
Coolaid en 2016 et surtout Neva Left en 2017 renforcent de nouveau la facette rap classique de Snoop Dogg. La pochette de Neva Left utilise une photographie du jeune Snoop datant du début des années 1990 et souligne l’idée d’un lien entre sa carrière actuelle et le Long Beach d’avant The Chronic.
À ce stade, Snoop peut passer librement d’un son West Coast nostalgique à des collaborations avec des producteurs contemporains, sans présenter l’une des directions comme un remplacement définitif de l’autre.
Bible of Love — retour aux racines religieuses
En 2018, Snoop publie l’imposant album gospel Snoop Dogg Presents Bible of Love. Le projet de deux heures comprend 32 morceaux et de nombreux artistes gospel et soul. Pour lui, il ne s’agit pas d’une expérimentation stylistique totalement inattendue : enfant, il chantait et jouait à l’église, tandis que sa mère a été liée pendant de nombreuses années à une chorale religieuse.
La période reggae de Snoop Lion et les projets gospel ne doivent donc pas être vus uniquement comme des tentatives « d’essayer un autre genre ». Ils sont liés à des thèmes plus larges de sa biographie personnelle — religion, âge, famille et évolution progressive de son rapport à sa propre réputation des débuts.
I Wanna Thank Me
En 2018, Snoop Dogg reçoit une étoile sur le Hollywood Walk of Fame. Lors de la cérémonie, son discours improvisé, dans lequel il répète la phrase « I wanna thank me », devient viral et donne ensuite son titre à l’album I Wanna Thank Me de 2019. Son étoile est la 2 651e du Walk of Fame et lui est attribuée dans la catégorie Recording.
L’album lui-même fonctionne comme une sorte de bilan intermédiaire de sa carrière, réunissant différentes périodes du West Coast rap avec une production contemporaine et jouant avec l’image désormais bien établie de Snoop comme figure culturelle durable.
Def Jam et Algorithm
En 2021, Snoop rejoint Def Jam Recordings en tant qu’executive creative and strategic consultant. L’un des résultats est Snoop Dogg Presents Algorithm. Cette sortie est parfois intégrée à tort dans sa discographie numérotée d’albums studio solo, alors qu’il s’agit en réalité d’une compilation curatée destinée à présenter les artistes et les connexions de Def Jam.
La même année paraît son propre album solo From tha Streets 2 tha Suites, qu’il est plus exact de considérer comme son dix-huitième album studio principal.
Retour chez Death Row Records
En février 2022 se produit l’un des événements les plus symboliques de toute la biographie de Snoop Dogg : il acquiert la marque Death Row Records, le label où sa carrière internationale avait commencé trente ans plus tôt. L’accord initial concerne avant tout la marque elle-même ; la question des droits sur les différentes parties du catalogue historique est beaucoup plus complexe, de sorte qu’il serait incorrect d’affirmer que Snoop est automatiquement devenu propriétaire de toutes les œuvres classiques de Death Row.
Presque simultanément paraît BODR — Bacc On Death Row, son dix-neuvième album studio solo et son premier disque publié sur Death Row depuis Tha Doggfather, soit plus d’un quart de siècle auparavant.
Death Row est ensuite relancé comme marque musicale active avec de nouvelles sorties, du merchandising et un partenariat avec la société gamma.
Super Bowl LVI
En février 2022, Snoop Dogg se produit au Super Bowl LVI Halftime Show avec Dr. Dre, Eminem, Mary J. Blige et Kendrick Lamar ; 50 Cent apparaît comme invité spécial. Pour Snoop et Dre, cette prestation représente une reconnaissance symbolique de la culture West Coast hip-hop sur l’une des plus grandes scènes télévisées des États-Unis.
Mount Westmore
À la même période, Snoop s’associe à Ice Cube, E-40 et Too $hort au sein du supergroupe Mount Westmore. En 2022, le collectif publie l’album Snoop Cube 40 $hort. Le projet rassemble quatre approches différentes du rap de la côte Ouest et souligne une nouvelle fois le rôle de Snoop non seulement comme artiste solo, mais aussi comme membre d’une scène West Coast plus large.
Missionary — Dr. Dre produit de nouveau un album entier de Snoop Dogg
Le 13 décembre 2024 paraît le vingtième album studio solo, Missionary. Il s’agit du premier projet long format de Snoop en trois décennies entièrement construit autour de la direction de production de Dr. Dre. Snoop lui-même présente le disque comme une sorte de parent ou de successeur spirituel de Doggystyle, même si musicalement il ne s’agit pas d’une simple copie de l’album de 1993.
Parmi les invités figurent Eminem, 50 Cent, Method Man, Jhené Aiko, Sting, Jelly Roll, BJ the Chicago Kid et d’autres artistes. Parmi les morceaux majeurs figurent Gorgeous, Another Part of Me, Gunz N Smoke, Last Dance with Mary Jane et Outta da Blue.
L’intérêt principal de Missionary ne réside pas seulement dans la nostalgie du G-funk des débuts. La comparaison avec Doggystyle montre à quel point les deux artistes ont changé : en 1993, Dre façonnait pratiquement un jeune interprète, tandis que trois décennies plus tard, ils travaillent comme deux vétérans indépendants aux méthodes de studio pleinement établies.
Iz It a Crime?
Snoop ne fait pas de longue pause après Missionary. Le 15 mai 2025, il publie par surprise Iz It a Crime? — son vingt-et-unième album studio solo. Contrairement au projet précédent, presque entièrement contrôlé par Dre, celui-ci réunit de nouveau un cercle plus large de producteurs, notamment Battlecat, Nottz, Rick Rock, Soopafly et Pharrell Williams.
L’album ramène ainsi Snoop vers le modèle d’un projet West Coast indépendant, où une musique contemporaine coexiste avec des relations créatives établies dès les années 1990 et 2000.
Altar Call et la mémoire de sa mère
Entre Missionary et Iz It a Crime? apparaît un autre projet important — Altar Call, publié par Death Row Records le 27 avril 2025, le jour où sa mère Beverly Tate aurait eu 74 ans. Snoop le présente comme son deuxième projet gospel après Bible of Love.
Apple Music présente toutefois cette sortie de 21 titres comme un album de Various Artists. Dans une numérotation solo stricte, il est donc plus correct de le traiter séparément : le prochain LP solo après Missionary reste Iz It a Crime?.
10 Til' Midnight
L’album studio suivant, 10 Til' Midnight, sort le 10 avril 2026 chez Death Row Records / gamma. Le site officiel de Snoop Dogg le présente comme son 22e album studio solo. Il contient 14 morceaux pour une durée totale d’environ 35 minutes.
Le disque accueille Swizz Beatz, October London, Trinidad James et d’autres invités, tandis que Pharrell Williams, Erick Sermon, Nottz, Rick Rock, Soopafly et Snoop lui-même participent à la production. Le projet est accompagné d’un court métrage et poursuit la trajectoire d’un Death Row contemporain, non plus comme simple archive des années 1990, mais comme label actif.
Pourquoi la voix de Snoop Dogg est immédiatement reconnaissable
L’individualité musicale de Snoop ne repose pas sur la vitesse technique. Sa principale particularité est son rapport extrêmement reconnaissable au rythme. Il place souvent ses phrases légèrement derrière le temps principal, étire les voyelles, utilise une intonation presque conversationnelle et passe facilement du rap à une diction mélodique.
Ce style convenait parfaitement au G-funk de Dr. Dre, mais s’est révélé beaucoup plus polyvalent que son contexte d’origine. C’est pourquoi Snoop a pu sonner de façon convaincante sur les beats minimalistes de The Neptunes, sur du reggae, le funk de Dâm-Funk, du gospel, des singles pop et les productions contemporaines de Death Row.
Une autre caractéristique importante est que sa voix ne nécessite pratiquement aucune présentation. Même une brève apparition en invité peut être perçue comme un véritable élément artistique grâce à son timbre, ses habitudes d’intonation et son vocabulaire personnel.
Cinéma et télévision
La carrière d’acteur et de personnalité télévisée de Snoop se développe parallèlement à la musique. Il apparaît dans Training Day, The Wash, Starsky & Hutch, Soul Plane ainsi que dans de nombreux autres films et projets d’animation. Avec le temps, son image à l’écran dépend de moins en moins exclusivement de son personnage de rappeur du début des années 1990.
L’un de ses projets télévisés les plus connus est Martha & Snoop's Potluck Dinner Party avec Martha Stewart. L’alchimie inattendue entre les deux animateurs devient un élément à part entière de la pop culture américaine et permet de présenter Snoop à un large public comme personnalité comique et télévisuelle, et non uniquement comme musicien.
En 2018, Netflix publie la série documentaire Coach Snoop consacrée à son travail avec des équipes de jeunes. En 2024, il devient pour la première fois coach dans la version américaine de The Voice, puis revient dans le fauteuil de mentor en 2025.
Les Jeux olympiques et son évolution en personnalité médiatique nationale
L’année 2024 est particulièrement remarquable : Snoop travaille comme correspondant spécial pour NBC et Peacock lors des Jeux olympiques d’été de Paris. Il participe également au relais de la flamme olympique. Ses reportages et apparitions lors des compétitions deviennent de manière inattendue l’un des éléments de divertissement les plus commentés de la couverture américaine des Jeux.
Son lien avec le sport se poursuit : Snoop est nommé premier entraîneur honoraire de Team USA pour les Jeux olympiques d’hiver de 2026 et participe de nouveau au programme médiatique olympique de NBC.
Snoop Youth Football League
Pour Snoop Dogg, le sport n’est pas seulement une activité télévisuelle. En 2005, il fonde la Snoop Youth Football League, destinée aux enfants des quartiers urbains du sud de la Californie. La première saison réunit plus de 1 300 participants. La ligue se consacre au football américain et au cheerleading et poursuit son activité plus de vingt ans plus tard.
Son propre travail au sein de ce programme servira ensuite de base à Coach Snoop et inspirera en partie la comédie The Underdoggs de 2024, dans laquelle Snoop tient le rôle principal et agit également comme producteur.
Death Row comme projet commercial
La principale réussite entrepreneuriale de Snoop dans l’industrie musicale est son retour chez Death Row Records en tant que propriétaire de la marque. L’accord de 2022 referme une trajectoire de carrière inhabituelle : un artiste qui avait autrefois tenté de quitter le système conflictuel de l’ancien Death Row obtient, plusieurs décennies plus tard, la possibilité de décider lui-même de l’avenir du nom du label.
Après l’acquisition, Snoop travaille à la réorganisation du catalogue numérique et conclut un partenariat avec gamma. Death Row recommence à publier de la nouvelle musique, notamment les propres projets de Snoop et les enregistrements d’autres artistes.
L’expression « Death Row Records 2.0 » peut donc être utilisée de manière informelle, mais le nom officiel du label reste Death Row Records.
Vie privée et famille
Snoop Dogg épouse en 1997 son amour de lycée Shante Taylor. Le couple a trois enfants ensemble — Corde, Cordell et Cori. Snoop a également un fils, Julian, issu d’une autre relation ; le musicien a donc quatre enfants au total, et non trois.
La famille participe régulièrement à ses projets publics. Par exemple, Snoop, Shante, leurs enfants et leurs petits-enfants apparaissent ensemble dans une campagne de fêtes de fin d’année de SKIMS en 2022.
Grammy : le célèbre record sans victoire
L’histoire de Snoop Dogg avec les Grammy est inhabituelle. Selon la base actuelle de la Recording Academy, il compte 16 nominations et aucune victoire. Ces nominations couvrent plus de deux décennies et plusieurs catégories — rap, pop et reggae.
Parmi les œuvres nommées figurent Nuthin' but a 'G' Thang, Gin and Juice, Still D.R.E., The Next Episode, Beautiful, Drop It Like It's Hot, Sexual Eruption, Young, Wild & Free et l’album Reincarnated. Il est également crédité parmi les participants aux albums nommés Teenage Dream de Katy Perry et To Pimp a Butterfly de Kendrick Lamar.
L’absence de statuette Grammy ne signifie donc en aucun cas une absence de reconnaissance de la Recording Academy. Au contraire, Snoop reste l’un des rappeurs les plus souvent nommés sans avoir jamais remporté le prix.
Albums studio de Snoop Dogg
- Doggystyle — 1993
- Tha Doggfather — 1996
- Da Game Is to Be Sold, Not to Be Told — 1998
- No Limit Top Dogg — 1999
- Tha Last Meal — 2000
- Paid tha Cost to Be da Bo$$ — 2002
- R&G (Rhythm & Gangsta): The Masterpiece — 2004
- Tha Blue Carpet Treatment — 2006
- Ego Trippin' — 2008
- Malice n Wonderland — 2009
- Doggumentary — 2011
- Reincarnated — 2013, sous le nom de Snoop Lion
- Bush — 2015
- Coolaid — 2016
- Neva Left — 2017
- Bible of Love — 2018
- I Wanna Thank Me — 2019
- From tha Streets 2 tha Suites — 2021
- BODR — 2022
- Missionary — 2024
- Iz It a Crime? — 2025
- 10 Til' Midnight — 2026
Le site officiel de Snoop Dogg présente précisément 10 Til' Midnight comme son vingt-deuxième album studio solo. Algorithm, les projets collaboratifs, diverses compilations et Altar Call ne doivent donc pas être mélangés à la discographie solo numérotée principale.
Autres projets importants
- Murder Was the Case — 1994, projet de bande originale ;
- Snoop Dogg Presents Tha Eastsidaz — 2000 ;
- Duces 'n Trayz: The Old Fashioned Way — 2001, Tha Eastsidaz ;
- The Hard Way — 2004, 213 ;
- Mac & Devin Go to High School — 2011, avec Wiz Khalifa ;
- 7 Days of Funk — 2013, avec Dâm-Funk sous le nom de Snoopzilla ;
- Snoop Dogg Presents Algorithm — 2021, compilation Def Jam curatée ;
- Snoop Cube 40 $hort — 2022, Mount Westmore ;
- Snoop Dogg Presents Death Row Summer 2022 — 2022 ;
- Altar Call — 2025, projet gospel de Death Row.
Cette distinction reflète mieux la structure réelle de l’immense catalogue de Snoop Dogg et évite de transformer artificiellement des projets collaboratifs, curatés ou liés au label en albums studio solo.
Principales chansons de Snoop Dogg
Parmi les enregistrements les plus significatifs de ses différentes périodes figurent Deep Cover, Nuthin' but a 'G' Thang, Who Am I (What's My Name)?, Gin and Juice, Doggy Dogg World, Murder Was the Case, 2 of Amerikaz Most Wanted, Still D.R.E., The Next Episode, Beautiful, Drop It Like It's Hot, Signs, Vato, That's That, Sensual Seduction, Young, Wild & Free, Peaches N Cream, Gorgeous et d’autres titres.
Ses apparitions en invité constituent une autre partie importante de sa notoriété auprès du grand public — par exemple California Gurls de Katy Perry, I Wanna Love You d’Akon, All I Do Is Win de DJ Khaled et de nombreuses collaborations avec Dr. Dre. Billboard comptabilise trois apparitions de Snoop en tête du Hot 100 en tenant compte à la fois de ses propres morceaux et de ses participations en invité.
Pourquoi Snoop Dogg a traversé plusieurs générations de hip-hop
De nombreuses stars du gangsta rap du début des années 1990 sont restées étroitement associées à leur époque. Snoop Dogg constitue une exception. Il n’a jamais renié Doggystyle ni son identité West Coast, mais n’a pas non plus passé plusieurs décennies à tenter de reproduire exactement le même album.
Sa stratégie repose sur une adaptation constante. Chez No Limit, il entre dans un autre système régional du rap ; avec Pharrell, il adopte un mainstream hip-hop minimaliste ; sous le nom de Snoop Lion, il enregistre du reggae ; avec Dâm-Funk, il réalise un projet funk complet ; Bible of Love et Altar Call le ramènent à ses racines religieuses ; l’acquisition de Death Row transforme un ancien artiste du label en responsable de l’avenir de la marque elle-même.
Dans le même temps, ses éléments les plus immédiatement reconnaissables changent très peu : voix grave, flow lent, sens de l’espace rythmique et capacité à rendre sa présence évidente même dans un court couplet invité.
La place de Snoop Dogg dans l’histoire du hip-hop
Snoop Dogg n’a pas créé le gangsta rap et n’a pas été l’unique architecte du G-funk. Ces courants se sont formés grâce à toute une scène et au travail d’artistes et de producteurs actifs avant ses débuts. Son rôle historique se situe surtout ailleurs : il est devenu l’un des artistes qui ont transformé le son West Coast du début des années 1990 en une composante de la culture populaire mondiale.
The Chronic lui a offert une plateforme internationale, tandis que Doggystyle a prouvé qu’une voix de rap immédiatement reconnaissable et une esthétique californienne locale pouvaient porter un album à une échelle commerciale exceptionnelle. Des années plus tard, Beautiful, Drop It Like It's Hot et Young, Wild & Free ont montré que la même voix pouvait exister naturellement au sein de générations de production totalement différentes.
La période contemporaine de sa biographie est particulièrement inhabituelle. Au rappeur des années 1990 se sont ajoutés le propriétaire de Death Row Records, le mentor d’une ligue de football pour jeunes, l’animateur de télévision et le correspondant olympique, sans que la musique devienne simplement un élément du passé. Entre Missionary, Iz It a Crime? et 10 Til' Midnight, Snoop a publié trois albums solo en moins d’un an et demi.
C’est cette combinaison qui explique la longévité de Snoop Dogg mieux que des définitions générales comme « phénomène culturel ». Son image des débuts appartient depuis longtemps à l’histoire du hip-hop, mais l’artiste lui-même n’existe pas uniquement dans la nostalgie de Doggystyle : il continue de publier de la musique, de travailler avec plusieurs générations d’artistes et de réinterpréter son propre héritage — jusqu’à revenir vers Dr. Dre et Death Row, les deux éléments essentiels de l’histoire avec laquelle tout avait commencé.










