Алла Пугачёва - Biographie et discographie, tous les albums et toutes les chansons | Pages: 3

Алла Пугачёва

Alla Borisovna Pugacheva est une chanteuse, compositrice, actrice, metteuse en scène de variété et productrice musicale soviétique et russe. Elle est née le 15 avril 1949 à Moscou. La carrière professionnelle de Pugacheva débute dans les années 1960 ; elle acquiert une notoriété à l’échelle de toute l’Union soviétique après sa victoire avec la chanson «Арлекино» au festival «Golden Orpheus» en 1975, et à la fin de la décennie elle devient l’une des figures centrales de la musique populaire soviétique. En 1991, elle reçoit le titre d’Artiste du peuple de l’URSS.

Au fil de plusieurs décennies, Pugacheva construit un répertoire couvrant la chanson de variété, la pop, des éléments de rock, de synth-pop, de romance et de spectacle musical théâtralisé. Son interprétation de «Арлекино», «Всё могут короли», «Этот мир», «Маэстро», «Старинные часы», «Миллион алых роз», «Айсберг», «Паромщик», «Две звезды», «Позови меня с собой», «Любовь, похожая на сон» et de nombreuses autres chansons devient largement connue. Pugacheva écrit elle-même une part importante de sa musique, tout en travaillant avec des compositeurs comme Raimonds Pauls, Igor Nikolaev, Alexander Zatsepin, Igor Krutoy et d’autres auteurs.

Enfance et formation musicale

Alla Pugacheva naît dans la famille de Boris Mikhailovich Pugachev et Zinaida Arkhipovna Odegova. La famille n’appartient pas au milieu musical professionnel, mais la future chanteuse commence à recevoir une formation musicale dès l’enfance. Elle étudie le piano et termine une école de musique.

En 1964, Pugacheva entre au département de direction chorale du Collège musical d’État M. M. Ippolitov-Ivanov de Moscou. Dès le début, elle combine ses études avec des enregistrements et des tournées, si bien que sa carrière professionnelle commence de fait avant l’obtention de son diplôme. Pugacheva termine l’établissement en 1969 avec une spécialisation liée à la direction de chœur.

Elle reçoit ensuite également une formation de metteuse en scène. En 1976, Pugacheva entre à la faculté de mise en scène du GITIS et en sort diplômée en 1981. Son travail de fin d’études est le programme de concert «Монологи певицы», dans lequel elle intervient à la fois comme interprète et comme metteuse en scène.

Cette formation en mise en scène est directement liée à la suite de sa carrière : Pugacheva ne considère pas le concert comme une simple succession de chansons, mais comme un spectacle dans lequel la dramaturgie, le mouvement, le costume, la lumière, le caractère du personnage et l’ordre des numéros jouent tous un rôle essentiel.

Premier enregistrement — «Робот»

En 1965, à l’âge de 16 ans, Pugacheva enregistre sa première chanson, «Робот», pour l’émission de la Radio de toute l’Union «С добрым утром!». La musique est composée par Levon Merabov et les paroles sont de Mikhail Tanich. Cet enregistrement est généralement considéré comme le début de sa discographie professionnelle.

Après ses premiers enregistrements radiophoniques, Pugacheva participe à des tournées en Sibérie occidentale avec une brigade artistique de la station de radio «Yunost». Elle enregistre également des chansons de Vladimir Shainsky et acquiert progressivement de l’expérience devant de grands publics.

«Робот» ne suffit cependant pas encore à rendre Pugacheva célèbre dans tout le pays. Près de dix années de travail dans différents ensembles de variété la séparent encore de sa véritable percée.

Premiers ensembles

Après avoir terminé ses études, Pugacheva travaille quelque temps comme accompagnatrice au Collège d’État des arts du cirque et de la variété. Elle suit ensuite le parcours professionnel typique d’un musicien de variété soviétique de l’époque, en travaillant dans différents ensembles et orchestres.

Au début des années 1970, elle est soliste de l’ensemble «Новый электрон», se produit avec le collectif «Москвичи» et collabore avec l’orchestre de variété d’Oleg Lundstrem.

Ces années permettent à Pugacheva de développer une manière scénique qui diffère nettement de la variété soviétique académique. Au lieu d’une interprétation parfaitement uniforme, elle construit de plus en plus chaque numéro comme un petit rôle, modifiant le timbre, l’intonation, les expressions du visage et la manière de chanter en fonction du texte.

«Весёлые ребята» et «Арлекино»

En 1974, Pugacheva devient soliste du VIA «Весёлые ребята» dirigé par Pavel Slobodkin. La même année, au Ve Concours de toute l’Union des artistes de variété, elle obtient le troisième prix en interprétant «Посидим, поокаем» et «Ермолова с Чистых прудов».

L’année décisive est 1975.

Au festival international «Golden Orpheus» en Bulgarie, Pugacheva présente la chanson «Арлекино» du compositeur bulgare Emil Dimitrov. Pavel Slobodkin retravaille le matériel musical pour cette nouvelle version, tandis que le texte russe est écrit par Boris Barkas. Pugacheva remporte le Grand Prix du festival.

C’est après «Арлекино» que sa voix et son nom deviennent connus du public de toute l’Union soviétique.

La singularité de l’interprétation ne repose pas seulement sur son timbre inhabituel. Pugacheva transforme la chanson en rôle scénique : le rire d’Arlequin évolue progressivement vers une intonation dramatique, tandis qu’un numéro apparemment divertissant acquiert un sous-texte tragique. Ce principe — considérer la chanson comme un mini-spectacle — devient la base de sa méthode d’interprétation.

«Ирония судьбы»

La même année, en 1975, la voix de Pugacheva est entendue dans le téléfilm d’Eldar Ryazanov «Ирония судьбы, или С лёгким паром!».

Pour le film, elle enregistre les parties vocales féminines, notamment «Мне нравится, что вы больны не мной» sur un poème de Marina Tsvetaeva et «По улице моей который год» sur un texte de Bella Akhmadulina.

Le film devient une partie intégrante de la culture populaire soviétique et, avant même la sortie de son premier album solo, la voix de Pugacheva est déjà régulièrement entendue dans l’un des téléfilms les plus célèbres de son époque.

Début de la carrière solo

En 1976, Pugacheva quitte «Весёлые ребята» et travaille quelque temps avec l’orchestre de Konstantin Orbelyan. L’ensemble «Ритм» devient ensuite son groupe d’accompagnement.

À ce stade, il devient évident que la suite de sa carrière sera construite avant tout autour de son propre nom, plutôt que de son appartenance à un VIA.

Des programmes de concert indépendants et des tournées solo régulières apparaissent. Parallèlement, Pugacheva participe de plus en plus activement au choix du répertoire, à la création des arrangements et à la mise en scène de ses propres numéros.

«Зеркало души»

En mai 1978, le label «Melodiya» publie le premier grand album solo de Pugacheva, «Зеркало души».

Le double album contient 16 morceaux, dont «Всё могут короли», des chansons d’Alexander Zatsepin et des œuvres dont Pugacheva a elle-même composé la musique. L’album est publié à des millions d’exemplaires et devient l’une des principales sorties de sa première discographie.

Une caractéristique importante de Pugacheva apparaît déjà ici : elle n’est pas seulement l’interprète du matériel d’autres auteurs.

Une partie de ses propres compositions est d’abord publiée sous le pseudonyme Boris Gorbonos. Sa musique apparaît également sous ce nom au générique du film «Женщина, которая поёт».

Intervision et Sopot

En août 1978, Pugacheva participe au concours international «Intervision-78» à Sopot, en Pologne.

Pour son interprétation de «Всё могут короли», elle reçoit le principal prix du concours — le «Amber Nightingale».

Ses victoires au «Golden Orpheus» et à Sopot consolident définitivement son statut d’une des principales artistes de variété soviétiques et lui permettent d’élargir considérablement ses tournées à l’étranger.

«Женщина, которая поёт»

L’un des grands événements culturels de sa première période est le film musical «Женщина, которая поёт».

Le tournage a lieu dans la seconde moitié des années 1970 et le film sort largement en salles en 1979. Pugacheva y incarne la chanteuse Anna Streltsova, un personnage largement construit autour de sa propre personnalité scénique. Le film attire plus de 60 millions de spectateurs dans les cinémas soviétiques.

Pugacheva ne se contente pas d’y tenir le rôle principal : elle écrit également une partie de la musique. Au générique, ses compositions sont créditées sous le pseudonyme Boris Gorbonos. Une autre partie du matériel musical est créée par Alexander Zatsepin.

Le titre du film devient si étroitement associé à l’artiste elle-même que l’expression «la femme qui chante» devient l’une des appellations durables de Pugacheva dans la presse et la culture populaire.

Pugacheva en tant que compositrice

Au début des années 1980, son travail d’auteure-compositrice devient particulièrement visible.

L’album «Поднимись над суетой» de 1980 repose presque entièrement sur la musique composée par Pugacheva elle-même. Cette orientation comprend notamment «Звёздное лето», «Ленинград», la chanson-titre et d’autres œuvres.

Pugacheva n’a jamais été une artiste entièrement dépendante d’un seul compositeur. Au cours de sa carrière, les périodes d’intense travail d’écriture alternent avec des collaborations avec de grands auteurs, dont elle transforme le matériel grâce à sa propre dramaturgie d’interprétation.

C’est pourquoi son répertoire est difficile à rattacher à une seule école de composition.

Raimonds Pauls : «Маэстро», «Старинные часы», «Миллион алых роз»

L’une des collaborations artistiques les plus importantes du début des années 1980 est celle avec le compositeur letton Raimonds Pauls.

Pauls propose à Pugacheva un matériel dans lequel la variété mélodique se combine avec des harmonies jazz et le style pianistique caractéristique du compositeur.

C’est ainsi que naissent «Маэстро» et «Старинные часы» sur des paroles d’Ilya Reznik. «Старинные часы» est interprétée pour la première fois à la fin de 1981 et devient rapidement un numéro permanent de ses concerts.

Une autre œuvre majeure de la collaboration entre Pugacheva et Pauls est «Миллион алых роз». Toutefois, la formule souvent répétée du trio «Pauls — Reznik — Pugacheva» est incorrecte pour cette chanson : les paroles de «Миллион алых роз» ont été écrites par Andrei Voznesensky.

Ensemble, ces œuvres constituent l’un des pans les plus reconnaissables du répertoire de Pugacheva au début des années 1980.

«Как тревожен этот путь»

En 1982 paraît le double album «Как тревожен этот путь» — 16 compositions reflétant le passage du son de variété des années 1970 à des arrangements plus complexes au cours de la décennie suivante.

À cette époque, Pugacheva peut déjà exister simultanément dans plusieurs rôles musicaux : chanteuse dramatique, compositrice de ses propres chansons, interprète de grands succès populaires et metteuse en scène de ses programmes de concert.

Cette diversité deviendra l’une des raisons de l’exceptionnelle longévité de sa carrière.

Igor Nikolaev

Un autre auteur important de sa carrière est Igor Nikolaev.

Au début des années 1980, le jeune musicien travaille comme claviériste et arrangeur au sein de l’ensemble «Рецитал», qui accompagne Pugacheva. En 1983, elle enregistre ses chansons «Айсберг» et «Расскажите, птицы».

Suivent ensuite «Паромщик», «Сто друзей», «Прости, поверь» et d’autres œuvres.

La collaboration devient si importante que l’album «Счастья в личной жизни!» de 1986 est construit autour des chansons d’Igor Nikolaev.

Pour le compositeur lui-même, le travail avec Pugacheva devient l’une des étapes les plus importantes du début de sa carrière professionnelle.

«Пришла и говорю»

Parallèlement, Pugacheva accorde de plus en plus d’attention à la mise en scène de ses concerts.

En 1984 apparaît le programme théâtralisé «Пришла и говорю», qui devient par la suite la base d’un film musical et d’un projet d’album du même nom.

À ce moment-là, sa célèbre silhouette scénique ample — robes larges et vêtements flottants — fait déjà partie du langage visuel de Pugacheva. Cependant, l’artiste modifie constamment son image, et il serait donc réducteur de limiter son style scénique à cette seule caractéristique.

Elle expérimente avec l’esthétique rock, les tailleurs-pantalons, le mouvement, le grotesque et les personnages théâtraux.

L’album suédois Watch Out

Au milieu des années 1980, Pugacheva entreprend l’une de ses tentatives les plus sérieuses pour entrer sur le marché musical occidental.

L’album anglophone Watch Out est enregistré en Suède et sort en 1985. Il comprend 12 chansons en anglais et est réalisé avec le producteur Lennart Sjöholm.

En URSS, le matériel est publié sous le titre «Алла Пугачёва в Стокгольме».

Sur le plan sonore, ce projet se distingue nettement de la première période de variété soviétique de Pugacheva : les synthétiseurs, la pop occidentale et l’AOR du milieu des années 1980 y sont beaucoup plus présents.

Rock et Vladimir Kuzmin

La seconde moitié des années 1980 devient l’une des périodes les plus expérimentales de sa carrière.

Les éléments rock deviennent plus marqués dans les arrangements et l’un de ses principaux partenaires est Vladimir Kuzmin. Leur chanson commune «Две звезды» devient l’un des duos les plus connus de Pugacheva.

Durant cette période, elle se produit également avec Udo Lindenberg, le groupe suédois Herreys et d’autres artistes étrangers.

Ce travail montre que Pugacheva ne reste pas exclusivement enfermée dans le modèle traditionnel de la variété soviétique, mais teste régulièrement les limites de son propre son.

Concert pour les liquidateurs de la catastrophe de Tchernobyl

Après l’accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl, Pugacheva participe au concert caritatif «Счёт 904», organisé afin de collecter des fonds pour les victimes.

Le 8 septembre 1986, elle se produit également devant les liquidateurs dans la localité de Zelyony Mys, près de la zone de l’accident. Selon RIA Novosti, le concert réunit environ neuf mille personnes.

Ce déplacement devient l’un des épisodes non musicaux les plus connus de sa biographie soviétique.

«Театр песни»

À la fin des années 1980, Pugacheva passe de fait du statut d’interprète solo à celui de dirigeante d’une structure créative indépendante.

En 1988, elle crée et dirige le théâtre-studio «Театр песни». Le projet organise des concerts et des tournées et permet à Pugacheva de travailler non seulement sur ses propres programmes, mais également avec d’autres artistes.

C’est précisément en tant que directrice artistique du «Театр песни» qu’elle sera ensuite mentionnée dans le décret officiel lui attribuant le titre d’Artiste du peuple de l’URSS.

«Рождественские встречи»

En 1988 apparaît un autre projet majeur — «Рождественские встречи Аллы Пугачёвой».

Les premiers concerts sont enregistrés au complexe sportif «Olimpiysky» et diffusés à la télévision au début de 1989.

Le format combine un grand concert télévisé et un laboratoire créatif. Aux côtés des plus grandes vedettes, Pugacheva présente des artistes qui commencent seulement à se faire connaître.

Avec des interruptions, les «Рождественские встречи» existent pendant plus de deux décennies et deviennent l’une des marques musicales télévisées les plus reconnaissables associées à son nom.

Artiste du peuple de l’URSS

Le statut professionnel de Pugacheva est régulièrement reconnu par des titres officiels d’État.

En 1980, elle devient Artiste émérite de la RSFSR, puis en 1985 Artiste du peuple de la RSFSR.

Le 20 décembre 1991, par décret du président soviétique Mikhail Gorbachev, Alla Pugacheva reçoit le titre d’Artiste du peuple de l’URSS «pour ses grandes contributions au développement de l’art soviétique de variété et de scène».

Le décret est signé seulement quelques jours avant la disparition de l’Union soviétique.

«Не делайте мне больно, господа»

Après la disparition de l’Union soviétique, Pugacheva conserve son statut d’une des principales artistes de la nouvelle industrie musicale russe.

En 1995 paraît l’album «Не делайте мне больно, господа» — 18 chansons, parmi lesquelles «Любовь, похожая на сон», «Настоящий полковник», «Сильная женщина» et la chanson-titre.

Le matériel du milieu des années 1990 diffère sensiblement de ses enregistrements soviétiques : les techniques de studio évoluent, les arrangements s’orientent vers la pop contemporaine, mais la manière dramatique d’interpréter de Pugacheva demeure.

Eurovision 1997

En 1997, Alla Pugacheva représente la Russie au Concours Eurovision de la chanson à Dublin.

Elle interprète «Примадонна», une composition dont elle est elle-même l’auteure, et termine à la 15e place avec 33 points.

Le résultat du concours reste modeste, mais la chanson renforce l’appellation «Prima Donna», déjà fortement associée à son statut scénique.

«Позови меня с собой» et l’album «Да!»

La fin des années 1990 apporte l’un des plus grands succès tardifs de Pugacheva — «Позови меня с собой».

La chanson est écrite par Tatiana Snezhina. Pugacheva l’enregistre après la mort de l’auteure, et la composition connaît une immense popularité dans son interprétation.

En 1998 paraît l’album «Да!», marquant une nouvelle évolution du répertoire. À cette période, aux côtés des œuvres de Pugacheva elle-même apparaissent des chansons d’une nouvelle génération de compositeurs et de paroliers.

Sa capacité à intégrer du matériel de jeunes auteurs devient l’un des mécanismes qui permettent à son répertoire de ne pas rester enfermé dans l’esthétique des années 1970–1980.

Les années 2000 : une nouvelle pop

Au début des années 2000, Pugacheva continue de publier régulièrement du matériel studio.

L’album «Речной трамвайчик» comprend «Девочка секонд-хенд», «Не обижай меня», la chanson-titre et le duo avec Maxim Galkin «Будь или не будь».

Il est suivi par «Живи спокойно, страна!» et «Приглашение на закат».

Ce dernier, sorti en 2008, comprend «Опять метель», «Ты там, я там» et d’autres titres de sa dernière période studio.

Production et télévision

À ce stade, Pugacheva travaille depuis longtemps dans d’autres domaines que le seul chant.

Elle soutient de jeunes artistes par l’intermédiaire des «Рождественские встречи» et collabore avec des festivals de musique et des concours télévisés.

En 2004, Pugacheva devient directrice artistique de «Фабрика звёзд-5». Pendant de nombreuses années, elle est également liée au concours «New Wave», où elle remet sa propre récompense à de jeunes artistes.

De 2011 à 2013, elle préside le jury du concours télévisé «Фактор А».

Ces projets poursuivent le principe déjà mis en place avec les «Рождественские встречи» : la notoriété de Pugacheva sert de plateforme pour présenter une nouvelle génération d’artistes de variété.

«Радио Алла»

En 2007, la station de radio «Радио Алла» est lancée conjointement avec «Prof-Media».

Pugacheva en est la directrice artistique et participe elle-même à la création de programmes, notamment des interviews et des échanges en direct avec les auditeurs. La version russe de la station cesse ses activités en 2011.

Le projet devient l’une de ses expériences les plus remarquables en dehors des concerts et de l’enregistrement musical.

Fin de la carrière de tournée régulière

Le 5 mars 2009, Pugacheva annonce qu’elle mettra fin à ses activités régulières de concert après sa tournée anniversaire.

Elle explique sa décision par son état de santé et les changements de sa voix après plusieurs opérations, tout en soulignant qu’elle n’a pas l’intention d’abandonner complètement toute activité créative.

Sa dernière grande tournée porte le titre «Сны о любви». Après celle-ci, les concerts solo cessent d’être une composante permanente de sa carrière.

Il s’agit précisément d’un retrait des tournées régulières, et non d’un abandon total de la musique.

Retour avec P.S.

Dix ans après l’arrêt de ses tournées, Pugacheva donne de nouveau un véritable concert solo.

Le 17 avril 2019, le programme anniversaire P.S., préparé pour ses 70 ans, est présenté au Palais d’État du Kremlin. Une part importante de la setlist est constituée de matériel qui n’avait jusqu’alors pas été largement présenté au public.

Le concert est filmé comme un film musical indépendant intitulé «Алла Пугачёва. Тот самый концерт» et sort au cinéma.

En 2024, l’enregistrement du programme est publié sous la forme de l’album live P.S. (Live) — 20 compositions pour une durée totale d’environ une heure et demie.

P.S. n’est donc pas une reprise de sa carrière de tournée, mais un projet de concert autonome et rétrospectif.

Musique après le retrait de la scène

Après avoir cessé les concerts réguliers, Pugacheva ne met pas fin à ses enregistrements.

Outre le live P.S., plusieurs nouvelles compositions apparaissent dans les catalogues numériques, notamment «Ложный стыд», «Жизнь слишком хороша», «Не высовывайся, дочка», «Мама», «Поцелуи войны» et «Давай просто жить».

Ces sorties apparaissent désormais en dehors du cycle traditionnel album-tournée : Pugacheva enregistre des chansons de manière sélective et ne les accompagne pas de tournées régulières.

Vie privée

Alla Pugacheva a été mariée cinq fois.

Son premier mari est l’artiste de cirque Mykolas Orbakas. De cette union naît en 1971 sa fille Kristina Orbakaite, qui développera plus tard sa propre carrière de chanteuse et d’actrice.

Son deuxième mari est le réalisateur Alexander Stefanovich, et son troisième le directeur de concerts et producteur Yevgeny Boldin.

De 1994 à 2005, Pugacheva est mariée au chanteur Philipp Kirkorov.

En 2011, son cinquième mari devient Maxim Galkin. En 2013, le couple devient parent de jumeaux, Harry et Elizaveta.

Les relations personnelles de Pugacheva ont souvent croisé sa vie professionnelle — Boldin a longtemps été son directeur, Kirkorov s’est produit avec elle et a participé à des projets musicaux, tandis qu’avec Galkin elle a enregistré des chansons et travaillé à la télévision.

Après 2022

Après le début de l’invasion russe à grande échelle de l’Ukraine en février 2022, Pugacheva et sa famille commencent à passer une partie importante de leur temps en dehors de la Russie.

En septembre 2022, après l’inscription de Maxim Galkin par le ministère russe de la Justice au registre des « agents de l’étranger », Pugacheva exprime publiquement sa solidarité avec son mari et appelle à la fin des morts ainsi qu’à une vie pacifique.

Cette période modifie sensiblement sa position dans l’espace public russe, mais change très peu le modèle de son activité musicale, déjà établi après 2009 : des enregistrements et apparitions occasionnels à la place de tournées permanentes.

Style musical et manière d’interpréter

Définir Pugacheva uniquement comme chanteuse de variété ou de pop ne suffit pas pour décrire son catalogue.

Dans les années 1970, son répertoire repose principalement sur la chanson de variété soviétique, mais déjà à cette époque l’artiste transforme un numéro vocal en une petite scène théâtrale.

Dans les années 1980, chanson d’auteur, pop, rock, synth-pop, variété européenne et grandes ballades coexistent dans sa musique. L’album suédois Watch Out diffère sensiblement du matériel de Raimonds Pauls, tandis que sa collaboration avec Vladimir Kuzmin se distingue des chansons de Igor Nikolaev.

Dans les années 1990 et 2000, Pugacheva s’adapte à la pop contemporaine de studio sans renoncer à sa manière vocale dramatique.

L’élément constant de son style n’est donc pas un genre précis, mais l’interprétation d’une chanson à travers un personnage.

Pugacheva peut modifier volontairement son timbre, passant d’une voix presque parlée et rauque à un registre haut et ouvert, utiliser le rire, les pauses, le récitatif, le cri ou un murmure presque théâtral. C’est cette dramaturgie qui lui permet de transformer le matériel de compositeurs très différents en un répertoire immédiatement identifiable comme le sien.

Auteure et interprète

L’une des différences importantes entre Pugacheva et de nombreuses grandes chanteuses de variété de sa génération réside dans son propre travail de compositrice.

Elle a écrit la musique de plusieurs de ses chansons et participe à la création du matériel depuis la fin des années 1970. Durant la première période, certaines œuvres sont publiées sous le pseudonyme Boris Gorbonos.

Cependant, une grande partie de son répertoire le plus célèbre a été créée en collaboration avec des auteurs professionnels.

Alexander Zatsepin, Raimonds Pauls, Igor Nikolaev, Igor Krutoy et d’autres compositeurs appartiennent à différentes générations et écoles musicales. Ainsi, le catalogue de Pugacheva ne relève pas d’un seul système d’écriture — il est avant tout unifié par l’interprète elle-même.

Principaux albums

Parmi ses albums les plus importants figurent :

  • «Зеркало души» — 1978
  • «Поднимись над суетой» — 1980
  • «То ли ещё будет...» — 1980
  • «Как тревожен этот путь» — 1982
  • Watch Out / «Алла Пугачёва в Стокгольме» — 1985
  • «Счастья в личной жизни!» — 1986
  • «Пришла и говорю» — 1987
  • «Не делайте мне больно, господа» — 1995
  • «Да!» — 1998
  • «Речной трамвайчик» — 2001
  • «Живи спокойно, страна!» — 2003
  • «Приглашение на закат» — 2008
  • P.S. (Live) — album live, 2024

Chansons majeures

Parmi les œuvres les plus connues des différentes étapes de sa carrière figurent :

  • «Арлекино»
  • «Всё могут короли»
  • «Женщина, которая поёт»
  • «Звёздное лето»
  • «Этот мир»
  • «Маэстро»
  • «Старинные часы»
  • «Миллион алых роз»
  • «Айсберг»
  • «Паромщик»
  • «Две звезды»
  • «Прости, поверь»
  • «Не делайте мне больно, господа»
  • «Любовь, похожая на сон»
  • «Позови меня с собой»
  • «Не обижай меня»
  • «Опять метель»

Récompenses

La carrière professionnelle d’Alla Pugacheva a été récompensée par plusieurs distinctions d’État.

Elle a reçu les titres suivants :

  • Artiste émérite de la RSFSR — 1980
  • Artiste du peuple de la RSFSR — 1985
  • Artiste du peuple de l’URSS — 1991

Pugacheva est également lauréate du Prix d’État de la Fédération de Russie et a reçu l’Ordre «Pour le Mérite envers la Patrie» de 2e, 3e et 4e classes. La 4e classe lui est attribuée en 2014 pour sa contribution au développement de la culture et de l’art de variété.

Parmi ses succès dans les concours internationaux figurent le Grand Prix du «Golden Orpheus» en 1975 et le Grand Prix «Amber Nightingale» du festival de Sopot en 1978.

Place dans l’histoire de la musique populaire

L’importance d’Alla Pugacheva ne se mesure pas uniquement au nombre de ses succès ou à la durée de sa carrière.

Dans la seconde moitié des années 1970, elle transforme l’image même de la grande chanteuse de variété soviétique. Au premier plan n’apparaît plus une interprète parfaitement contrôlée et distante, mais une artiste à la personnalité fortement affirmée, capable d’être ironique, incisive, tragique, grotesque et presque conversationnelle au sein d’un même programme de concert.

Dans les années 1980, Pugacheva obtient une autonomie créative pratiquement exceptionnelle pour une artiste pop soviétique : elle écrit elle-même de la musique, met en scène ses concerts, définit son image scénique et choisit ses auteurs. Plus tard, «Театр песни» et «Рождественские встречи» élargissent ce rôle, faisant d’elle non seulement une interprète, mais aussi une organisatrice de l’espace musical.

Après la disparition de l’URSS, elle parvient à conserver un public de masse en intégrant à son répertoire de nouvelles générations d’auteurs et une production pop contemporaine. «Позови меня с собой», «Любовь, похожая на сон», le matériel de «Речной трамвайчик» et d’autres enregistrements tardifs appartiennent déjà à une industrie totalement différente de celle de «Арлекино» et «Зеркало души», mais continuent d’être perçus avant tout comme des chansons de Pugacheva grâce à sa personnalité d’interprète.

C’est précisément cette capacité à faire évoluer pendant des décennies la musique et la forme scénique, sans se dissoudre dans un genre précis ou une école d’écriture particulière, qui a fait d’Alla Pugacheva l’une des figures les plus importantes de la culture populaire soviétique et postsoviétique.


Écouter la musique Алла Пугачёва

Алла Пугачёва - Позови Меня С Собой

Алла Пугачёва - Позови Меня С Собой

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Алла Пугачёва - Не Отрекаются Любя

Алла Пугачёва - Не Отрекаются Любя

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