DJ Snake

PHARAOH est un rappeur russe, auteur-compositeur et fondateur du collectif créatif Dead Dynasty. Le véritable nom du musicien est Gleb Guennadievitch Goloubine. Né le 30 janvier 1996 à Moscou, il est devenu l’une des figures centrales de la génération d’artistes qui, au milieu des années 2010, a fait passer le cloud rap, la trap et le hip-hop mélodique de l’underground numérique à la culture populaire.
PHARAOH n’a pas été simplement l’interprète de quelques chansons devenues virales. Il a créé un univers artistique reconnaissable, associant romantisme sombre, nihilisme adolescent, bravade agressive, solitude esthétisée et vocabulaire sonore emprunté au rap américain. Grâce notamment à son influence, de nombreuses caractéristiques de la nouvelle école — morceaux courts, flow chanté, argot anglophone, ad-libs, beats atmosphériques et stylisation visuelle très marquée — sont devenues des éléments familiers de la musique pop russophone.
Enfance, football et premières passions musicales
Gleb Goloubine a grandi à Moscou dans une famille liée au football professionnel. De six à treize ans, il a pratiqué ce sport de manière intensive et suivi une formation au sein des structures de plusieurs clubs moscovites : le Lokomotiv, le CSKA et le Dynamo. L’enfance du futur artiste était rythmée par les entraînements, les matchs et une discipline stricte. Goloubine expliquera plus tard avoir renoncé à une carrière de footballeur lorsqu’il a compris qu’il lui serait probablement difficile d’atteindre le plus haut niveau mondial.
Parallèlement, ses goûts musicaux se formaient. L’un de ses premiers chocs fut le groupe Rammstein, que lui fit découvrir son cousin. Il s’intéressa ensuite à Snoop Dogg, T.I. et à d’autres rappeurs américains. Goloubine était attiré non seulement par le rythme et la production, mais aussi par la figure même de l’interprète — sa manière de parler, son assurance, sa voix et sa capacité à construire autour de sa musique une mythologie autonome.
Après avoir abandonné le football, Gleb s’est concentré sur ses études. Il est entré à la faculté de journalisme de l’Université d’État de Moscou et en est sorti diplômé en 2017, alors qu’il était déjà l’un des jeunes rappeurs les plus connus du pays. Le journalisme n’est pas devenu sa profession principale, mais son intérêt pour la langue, la culture populaire et le fonctionnement des médias s’est ensuite clairement manifesté dans la manière dont il construisait son image publique et communiquait avec la presse.
Premiers enregistrements et naissance de PHARAOH
Les premières expérimentations musicales de Goloubine remontent au début des années 2010. Au commencement de sa carrière, il a utilisé plusieurs pseudonymes et a appartenu pendant un temps au collectif Grindhouse. Le futur PHARAOH a réalisé son premier enregistrement en 2013. Comme il était encore mineur, son cousin l’a aidé à payer l’achat de l’instrumental.
Ses premiers projets remarqués apparaissent en 2014 avec les mixtapes « Уаджет » et PHLORA. Ces sorties ne possédaient pas encore la cohérence de ses travaux ultérieurs, mais elles contenaient déjà les principaux éléments de son futur style : instrumentaux électroniques froids, intonations étirées, indifférence affichée, thèmes de la mort, de l’aliénation, de l’évasion par les drogues et des relations destructrices.
Le collectif Dead Dynasty s’est progressivement formé autour de PHARAOH. Il est devenu non seulement l’entourage du rappeur, mais aussi un véritable écosystème créatif indépendant réunissant interprètes, beatmakers, designers et réalisateurs. Cette approche correspondait à un nouveau modèle de mouvement musical : l’artiste n’avait plus besoin d’un grand label traditionnel, puisque le son, l’identité visuelle, les clips et la promotion pouvaient être produits au sein d’une même équipe née sur internet.
Dead Dynasty était également lié au mouvement YungRussia, qui réunissait des représentants de la nouvelle scène rap issus de différentes villes. Les participants avaient des styles musicaux distincts, mais partageaient une diffusion numérique de leur musique, une orientation vers le hip-hop occidental contemporain et la volonté de créer leur propre culture générationnelle.
« Black Siemens » et la percée de la nouvelle école
L’année 2015 marque un tournant dans la carrière de PHARAOH avec la sortie de la chanson et du clip « Black Siemens ». La vidéo minimaliste tournée autour d’une voiture Lincoln, l’attitude volontairement détachée de l’artiste et l’ad-lib répété « skr-skr-skr » ont rendu le morceau viral.
Le clip aurait atteint environ 20 millions de vues avant d’être supprimé de YouTube, tandis que l’ad-lib est devenu un mème et a pendant un temps été presque indissociable de l’image de l’artiste. PHARAOH a toutefois exprimé par la suite des sentiments partagés face à la popularité excessive de ce détail : le grand public réduisait souvent sa musique à une seule formule sonore facilement mémorisable.
« Black Siemens » a marqué un important tournant culturel. Pour la partie conservatrice du public rap, la musique de PHARAOH paraissait dérivative, volontairement vide de sens ou excessivement dépendante des modèles américains. Les jeunes auditeurs, au contraire, y ont reconnu un nouveau langage adapté à l’époque des réseaux sociaux, des vidéos courtes et des mèmes sur internet.
L’artiste ne cherchait pas à démontrer une supériorité technique au moyen de rimes complexes. Le timbre, l’intonation, l’état émotionnel et l’image visuelle et sonore globale devenaient plus importants. À cet égard, PHARAOH a contribué à modifier les critères d’évaluation du rap russophone : une chanson pouvait fonctionner non comme un récit détaillé, mais comme une atmosphère, un geste, une posture ou un ensemble de phrases immédiatement reconnaissables.
Boulevard Depo, YungRussia et les principaux succès de 2015–2016
La collaboration avec Boulevard Depo a joué un rôle important dans les débuts de PHARAOH. Ensemble, les musiciens ont enregistré les projets Paywall et « Плакшери », ainsi que plusieurs chansons devenues emblématiques de la nouvelle école.
Les morceaux « Champagne Squirt » et « 5 минут назад » ont acquis une grande popularité grâce à leur mélange de production minimaliste, d’interprétation volontairement nonchalante, de phrases absurdes et de clips marquants. Le succès de PHARAOH, Boulevard Depo et des autres membres de YungRussia a démontré de manière convaincante que le rap diffusé sur internet pouvait rassembler un vaste public sans le soutien de la radio ni de la télévision. Selon The Flow, « 5 минут назад » a définitivement transformé les deux interprètes en vedettes de la nouvelle scène.
En 2016, PHARAOH a également publié avec LSP le mini-album « Кондитерская », qui comprenait la chanson « Порнозвезда ». Le contraste entre la prestation froide et maîtrisée de PHARAOH et le style plus dramatique et émotionnel de LSP s’est révélé particulièrement expressif.
La même année paraît la mixtape Phosphor, l’une des œuvres les plus importantes des débuts de l’artiste. Ses chansons étaient souvent plus courtes que les morceaux de rap traditionnels et pouvaient être constituées presque exclusivement d’un couplet ou d’un refrain. Cette structure donnait au disque un caractère nerveux et fragmentaire. Les critiques y ont relevé un mélange de rébellion adolescente, de romantisme, d’images liées à la mort et d’influences très différentes — de SpaceGhostPurrp et Marilyn Manson à The Chemodan Clan.
Pink Phloyd et le statut d’artiste majeur de sa génération
En 2017, PHARAOH publie la mixtape Pink Phloyd, devenue l’un des projets déterminants de sa carrière. L’artiste y associe trap agressive, R&B mélodique, ballades sombres et confession presque digne d’une rock star.
La chanson « Дико, например » devient son principal succès auprès du grand public. Sa popularité confirme le statut de PHARAOH comme artiste capable de créer des morceaux fonctionnant simultanément comme mèmes internet, titres de club et véritables tubes pop. Parmi les autres chansons importantes du projet figurent « Лаллипап », « Школа », « Реквием по эго », « Без меня » et « Одинокая звезда ».
La rédaction de The Flow a qualifié Pink Phloyd de meilleur projet du musicien à cette période et l’a décrit comme la « confession d’une rock star d’une nouvelle époque ». Les critiques soulignaient que PHARAOH n’était plus perçu uniquement comme un représentant du rap viral ou fondé sur les mèmes. Derrière son image provocatrice apparaissait de plus en plus clairement un artiste capable de parler de la peur de la solitude, de l’amour, de l’ego, de la célébrité et du vide intérieur.
C’est précisément à l’époque de Pink Phloyd que se dessine pleinement une contradiction fondamentale de son œuvre. Le personnage lyrique de PHARAOH méprise la popularité tout en affichant son statut, repousse les autres tout en recherchant la proximité, joue la froideur émotionnelle mais revient constamment au thème de la dépendance douloureuse à l’amour.
PHUNERAL, Redrum et la période de transition
En 2018 paraît la mixtape PHUNERAL, dont le titre associait le pseudonyme de l’artiste au mot anglais funeral, signifiant « funérailles ». Le projet prolonge l’esthétique caractéristique de PHARAOH, fondée sur la mort, le luxe, la désintégration intérieure et l’aliénation romantique.
Durant la même période apparaît le mini-album expérimental Redrum, dans lequel les images horrifiques et l’atmosphère lourde et menaçante prennent davantage d’importance. Le titre renvoie au mot murder écrit à l’envers et évoque le roman de Stephen King ainsi que le film Shining de Stanley Kubrick.
Parallèlement, l’artiste développe son orientation mélodique. Les singles « Не по пути » et « На луне » montrent que sa dimension vocale peut exister indépendamment du cloud rap agressif. Dans ces chansons, la voix de PHARAOH devient moins démonstrative, tandis que l’intonation, la mélancolie et le thème de la rupture émotionnelle passent au premier plan. Les deux singles sont sortis en 2018.
« Правило » : le premier album studio complet
Le 27 mars 2020, PHARAOH publie « Правило », généralement considéré comme son premier album studio officiel. Composé de 13 titres, le disque marque un tournant notable vers un son plus mélodique et plus accessible.
Sur « Правило », l’artiste chante plus souvent, utilise des arrangements synth-pop et construit des formes de chansons plus traditionnelles. Ses anciens thèmes — supériorité sur ses rivaux, méfiance envers son entourage, relations, solitude et fermeture émotionnelle — restent toutefois présents.
Parmi les morceaux les plus remarqués figurent « Без ключа », « AMG », « Призрак », « Семейные узы » avec Mnogoznaal et « Тост » avec Молодой Платон. L’album montre que PHARAOH est capable de se rapprocher de la musique pop sans abandonner complètement l’image qu’il s’est construite.
Million Dollar Depression et l’influence du rock alternatif
L’album suivant, Million Dollar Depression, paraît le 19 mars 2021. Il comprend 15 morceaux et devient l’un des disques les plus sombres de l’artiste.
Alors que « Правило » se rapprochait de la synth-pop et du hip-hop mélodique, Million Dollar Depression associe cloud rap, interprétation émotionnelle, guitares lourdes et influences du rock alternatif. Parmi les références citées lors de la création du disque figurent Nirvana, Korn, Deftones et XXXTENTACION.
Le titre de l’album reflète précisément son conflit central : les signes extérieurs de la réussite ne libèrent pas le protagoniste de son vide intérieur. La richesse, la célébrité et le statut ne sont pas présentés comme une victoire — ils renforcent au contraire l’aliénation. PHARAOH représente de plus en plus la célébrité non comme un objectif, mais comme un état psychologiquement difficile.
PHILARMONIA et PHREQUENCY
Le 25 novembre 2022 paraît l’album PHILARMONIA, composé de 13 morceaux.
Sur le plan musical, ce projet peut être considéré comme la poursuite de l’évolution de PHARAOH vers une forme plus ample et plus mélodique. Le rap y côtoie des passages chantés, des nuances instrumentales plus organiques et une dramaturgie plus posée. Le titre joue à la fois avec le nom de l’artiste, la notion d’harmonie et le vocabulaire de la musique académique.
Le 18 août 2023, le musicien présente PHREQUENCY, un projet de 11 titres.
Sur PHREQUENCY, l’artiste met de nouveau l’accent sur un rap dense, une électronique froide et une assurance affichée. Toutefois, la voix et les textes n’appartiennent plus à un adolescent cherchant à provoquer le public, mais à un interprète confirmé qui considère sa propre influence comme une partie de l’histoire du genre.
« 10:13 » et une nouvelle étape
Le 25 avril 2025, PHARAOH publie l’album « 10:13 », un projet de 20 titres d’une durée d’environ 49 minutes. Il s’agit de l’album studio le plus long de sa discographie principale en nombre de morceaux.
Le titre est associé au treizième verset du dixième chapitre de la Première épître aux Corinthiens, consacré à la tentation, à l’épreuve et à la capacité de l’être humain à supporter les difficultés qui lui sont envoyées. Cette interprétation correspond à l’importance croissante des thèmes religieux et moraux dans l’œuvre de l’artiste.
Sur « 10:13 », PHARAOH réunit plusieurs périodes de sa carrière : la trap minimaliste de ses débuts, le rap mélodique de l’époque de « Правило », la lourde charge émotionnelle de Million Dollar Depression et des réflexions plus mûres sur la foi, la famille, la responsabilité et les conséquences de la célébrité.
Après l’album, l’artiste publie le morceau commun « Делай что можешь » avec Diana Arbenina, puis participe à la chanson de Loc-Dog « Черные вороны (Не до абстракций II) ». Ces collaborations montrent la volonté de PHARAOH de sortir du cercle habituel de la nouvelle école et de travailler avec des représentants d’autres générations de la musique russophone.
En mars 2026 paraît le maxi-single de deux titres Bentley + Full Clip. En août 2026, il s’agit de la plus récente sortie solo de PHARAOH sur les principales plateformes de streaming.
Style musical
Le cloud rap constituait la base du son des débuts de PHARAOH — une forme atmosphérique de hip-hop caractérisée par des synthétiseurs diffus, des basses lourdes, une interprétation ralentie et une sensation de détachement. Il serait toutefois incorrect de limiter son œuvre à un seul genre.
Selon les différentes périodes, sa musique a intégré :
- la trap et le cloud rap ;
- le hip-hop mélodique et le R&B contemporain ;
- la synth-pop ;
- le rock alternatif et le nu metal ;
- une imagerie proche de l’horrorcore ;
- des éléments acoustiques et orchestraux.
PHARAOH utilise principalement sa voix comme un moyen de créer un personnage. Il peut passer d’un récitatif monotone au cri, au murmure, au chant rauque ou à une interprétation presque romantique de ballade. La complexité technique des rimes cède généralement la place à l’intonation, au timbre et aux phrases mémorables.
Ses premières compositions étaient souvent construites à l’encontre du schéma traditionnel « couplet — refrain — couplet ». Les chansons pouvaient s’arrêter brutalement, se limiter à un seul fragment émotionnel ou durer moins de deux minutes. Cette approche, relevée par les critiques dès la sortie de Phosphor, s’est ensuite largement répandue dans le rap internet et la musique de l’ère du streaming.
Thèmes et personnage artistique
Les thèmes centraux de PHARAOH sont la solitude, la mort, la jeunesse, l’amour destructeur, la méfiance, la célébrité, l’autodestruction et le conflit entre l’image publique et l’être intérieur.
Ses premiers textes étaient dominés par le nihilisme, l’alcool, l’imagerie liée aux drogues, la provocation sexuelle et le mépris affiché des normes sociales. Avec le temps, les paroles sont devenues plus personnelles. Des réflexions sur la famille, la foi, la responsabilité, le passage à l’âge adulte et le prix de la réussite y ont fait leur apparition.
L’une des caractéristiques importantes de l’artiste reste l’association d’images apparemment incompatibles. Il peut apparaître comme une star du rap arrogante et, dans le même temps, comme le héros vulnérable d’une ballade amoureuse ; utiliser les symboles du luxe tout en décrivant le vide émotionnel ; ou placer des motifs chrétiens à côté d’un argot cru et d’une bravade agressive.
Esthétique visuelle
L’influence de PHARAOH ne peut être séparée de ses clips, de ses photographies et de son image scénique. Les vêtements noirs, les cheveux longs, les voitures, les lieux abandonnés, les villas, la symbolique funéraire et l’étalonnage froid sont devenus une partie du langage visuel de Dead Dynasty.
Les clips de « Black Siemens », « 5 минут назад » et « Дико, например » n’étaient pas de simples illustrations des chansons. Ils proposaient au public un modèle esthétique complet qui pouvait être reproduit dans les vêtements, la photographie et les réseaux sociaux.
Les réalisateurs et designers issus de l’entourage de Dead Dynasty ont joué un rôle considérable dans ce processus. Grâce à eux, le collectif était perçu comme un mouvement artistique cohérent et non comme un simple groupe de musiciens.
Influence sur le rap russe
PHARAOH est considéré comme l’un des principaux représentants et popularisateurs de la nouvelle école du rap russe. Dès 2018, Afisha Daily soulignait que le son qui paraissait étrange et étranger en 2015 était devenu, en quelques années seulement, une référence et un modèle pour la génération suivante d’interprètes.
Son influence s’est manifestée dans plusieurs domaines. PHARAOH a contribué à imposer l’atmosphère et l’intonation comme une véritable alternative à la tradition très centrée sur les textes du rap russe. Il a démontré le potentiel commercial d’une musique diffusée par VK, YouTube et les communautés de fans. Dead Dynasty est également devenu un exemple de collectif indépendant capable de produire musique, contenu visuel et mode sans s’appuyer sur une grande structure industrielle.
L’artiste a aussi contribué à rapprocher le rap de la culture pop des jeunes. Après sa percée, un rappeur pouvait être à la fois un héros d’internet, une figure de mode, l’auteur de ballades sombres et un interprète capable de remplir de grandes salles de concert.
Controverses et modifications du catalogue
L’imagerie provocatrice des premières œuvres de PHARAOH a régulièrement suscité des controverses publiques. En 2026, son catalogue a été affecté par le durcissement de la législation russe encadrant les représentations et les mentions de drogues dans la musique. Certains enregistrements ont temporairement disparu des plateformes de streaming ou ont été modifiés.
En mars 2026, un tribunal a infligé une amende à Goloubine en vertu d’un article administratif portant sur la promotion des drogues sur internet. Plusieurs morceaux de l’artiste étaient concernés. Cet épisode s’inscrivait dans un processus plus large au cours duquel musiciens et plateformes ont commencé à réexaminer des catalogues déjà publiés.
Pour l’histoire de PHARAOH, la situation est symbolique : un langage qui, au milieu des années 2010, était perçu comme un code provocateur de la jeunesse est devenu, une décennie plus tard, l’objet d’une régulation officielle.
Principale discographie de PHARAOH
La classification de ses premières œuvres peut varier selon les plateformes : certains services les considèrent comme des albums, tandis que d’autres les présentent comme des mixtapes ou des mini-albums.
Principales sorties en solo et en collaboration :
- « Уаджет » — 2014 ;
- PHLORA — 2014 ;
- Dolor — 2015 ;
- Paywall — avec Boulevard Depo, 2015 ;
- Rage Mode (Rare Action) — avec i61, 2015 ;
- « Плакшери » — avec Boulevard Depo, 2016 ;
- « Кондитерская » — avec LSP, 2016 ;
- Phosphor — 2016 ;
- Pink Phloyd — 2017 ;
- PHUNERAL — 2018 ;
- Redrum — 2018 ;
- « Правило » — 2020 ;
- Million Dollar Depression — 2021 ;
- PHILARMONIA — 2022 ;
- PHREQUENCY — 2023 ;
- « 10:13 » — 2025.
PHARAOH est entré dans l’histoire de la musique populaire russophone comme un artiste d’une époque de transition. Il est apparu au moment où l’influence des labels de rap traditionnels et de la télévision musicale diminuait, tandis qu’internet devenait le principal espace de création des nouvelles vedettes.
Beaucoup considéraient initialement ses premières chansons comme une imitation du cloud rap américain. Avec le temps, cependant, les intonations, les techniques visuelles et les structures de morceaux développées par PHARAOH sont devenues une norme locale indépendante. Il n’a inventé ni le cloud rap, ni la trap, ni le récitatif mélodique, mais il a su les adapter à la langue russe et aux expériences d’une génération ayant grandi sur les réseaux sociaux.
D’un héros adolescent d’internet associé à un ad-lib viral, PHARAOH est devenu un artiste doté d’une discographie vaste et stylistiquement variée. Son parcours reflète l’évolution de toute la nouvelle école russe — des enregistrements réalisés à domicile et des communautés sur VK aux grandes salles, aux albums ambitieux et aux collaborations avec des représentants de différentes générations musicales.




