
Joseph Capriati (de son vrai nom — Giuseppe Capriati ; né le 25 juillet 1987 à Caserte, en Campanie, en Italie) — est un DJ, producteur de musique et fondateur des labels Redimension et Metamorfosi Records. Sa carrière est étroitement liée à l’école napolitaine de musique électronique, aux labels Drumcode, CLR et Analytic Trail, à la culture club d’Ibiza et au développement du techno contemporain.
La définition de «DJ techno» ne suffit toutefois pas à décrire complètement Capriati. Sa première véritable passion musicale fut la house, et au fil des années ses sets comme ses productions en studio ont circulé librement entre techno, house, tech house, minimal, dub, musique électronique mélodique et formes plus expérimentales. Cette facette s’est particulièrement affirmée sur son troisième album studio, Metamorfosi, ainsi qu’à travers la série d’événements club du même nom.
Au cours de sa carrière, Capriati a publié trois albums studio — Save My Soul, Self Portrait et Metamorfosi —, enregistré des mixes pour les séries fabric et Global Underground, et collaboré avec Adam Beyer, Louie Vega, Eric Kupper, Byron Stingily, Indira Paganotto, Dennis Cruz, Rino Cerrone et de nombreux autres artistes. Il s’est également forgé une réputation particulière grâce à ses DJ sets de très longue durée : en 2017, l’une de ses prestations à Miami a duré 25 heures et 30 minutes.
Enfance à Caserte
Giuseppe Capriati a grandi à Caserte, une ville située au nord de Naples. Sa famille vivait non loin du centre, dans un quartier que le musicien décrira plus tard comme une petite communauté où la plupart des voisins se connaissaient bien.
Son intérêt pour le DJing apparaît très tôt. En 1998, alors que Capriati a environ onze ans, il observe un DJ au travail lors d’un événement destiné à la communauté américaine liée aux infrastructures militaires présentes dans la région.
Ce qui le fascine n’est pas seulement le son de la musique, mais également le processus lui-même : les platines, la table de mixage et la possibilité pour une seule personne de contrôler l’ambiance de toute une salle.
Sa famille n’a pas les moyens d’acheter du matériel professionnel. Pendant l’été, le futur musicien travaille avec un membre de sa famille afin d’économiser pour sa première platine. Une parente lui donne une seconde platine, tandis qu’un proche lui fournit une simple table de mixage à deux voies.
C’est sur cette installation domestique que Capriati apprend à mixer des disques et commence à jouer lors de fêtes entre amis, dans des garages et des maisons privées.
La house avant le techno
Bien que le nom de Joseph Capriati soit ensuite principalement associé au techno, le premier genre électronique qui l’enthousiasme véritablement est la house.
Une cassette contenant un DJ set de Little Louie Vega, enregistré lors d’une soirée Angels Of Love à Naples, joue notamment un rôle déterminant. Capriati racontera plus tard qu’il l’écoutait pratiquement tous les jours.
Parmi ses premières références figurent Masters At Work, Louie Vega, Todd Terry, David Morales et d’autres producteurs américains de house.
Adolescent, il fréquente régulièrement les disquaires même lorsqu’il n’a pas suffisamment d’argent pour acheter des vinyles. Il y lit des magazines spécialisés, étudie les interviews de DJs et consulte les catalogues de matériel.
Premières résidences
L’un des premiers lieux où Capriati joue régulièrement est le club Subway à Caserte.
Il ne s’agit pas d’un espace underground techno au sens moderne du terme. L’établissement accueille des anniversaires, des mariages et des soirées commerciales classiques, obligeant le jeune DJ à jouer des styles très différents — pop, musiques latines, dance commerciale et house.
Capriati décrira plus tard cette expérience comme une école essentielle pour apprendre à travailler avec le public. Si les gens cessaient de danser, le DJ devait comprendre pourquoi et changer de direction musicale.
Cette pratique développe sa capacité à lire une piste, aptitude qui deviendra particulièrement importante dans ses sets de plusieurs heures.
Première découverte du techno
Au début des années 2000, Capriati assiste pour la première fois à une grande soirée techno. L’un des événements déterminants est une fête de douze heures organisée à Naples en 2003 avec Dave Clarke, Billy Nasty et Rino Cerrone.
Le musicien est impressionné non seulement par un son plus dur et mécanique, mais également par toute la culture entourant le techno — la durée de la nuit, le comportement du public et la possibilité de construire un DJ set comme une longue histoire.
Après cette expérience, le techno commence progressivement à occuper une place de plus en plus importante dans ses propres prestations.
DJ Jampa et le passage à son propre nom
Durant ses premières années, Capriati utilise le nom de scène DJ Jampa.
Plus tard, lorsqu’il commence à produire sa propre musique, l’artiste décide d’abandonner cet alias distinct. Il considère ses productions en studio comme un travail plus personnel et souhaite les publier sous son véritable nom de famille.
Le prénom italien Giuseppe est remplacé par sa forme plus internationale, Joseph. C’est ainsi qu’apparaît le nom Joseph Capriati, sous lequel se développera toute la suite de sa carrière.
Débuts dans la production
Vers 2005, Capriati commence à apprendre la production musicale.
Il travaille d’abord dans le studio d’une connaissance, où il découvre les logiciels et la structure de la composition électronique. Il achète ensuite sa propre interface audio et un clavier MIDI.
Son home studio est extrêmement simple. Dans une interview, Capriati raconte qu’il utilisait des enceintes domestiques reproduisant à peine les basses fréquences, au point qu’il lui arrivait de vérifier physiquement les vibrations des basses avec sa main.
En 2006, il produit déjà des morceaux achevés et obtient une résidence au club Disco Seven, où il fait la connaissance de plusieurs acteurs de l’industrie électronique locale.
L’école napolitaine du techno
Capriati évolue au contact de l’une des scènes techno régionales les plus influentes d’Italie.
Dès les années 1990, Naples développe sa propre école de musique électronique, associée à des artistes tels que Rino Cerrone, Marco Carola, Gaetano Parisio et Markantonio.
Rino Cerrone et Markantonio exercent une influence particulièrement forte sur le jeune Capriati. Il les considère comme ses mentors, pas uniquement sur le plan musical : les artistes plus expérimentés lui expliquent les règles des tournées internationales, du mixage et du mastering en studio, et l’initient au fonctionnement professionnel de l’industrie.
Bien que Capriati soit né à Caserte, ses premières années de carrière sont donc généralement replacées dans le contexte de la scène techno napolitaine.
Premières sorties
Les premières sorties officielles de Joseph Capriati paraissent en 2007.
L’un de ses premiers disques est le Formaldehyde EP sur Globox Recordings. D’autres projets suivent la même année, dont Flip Da Box EP et le C'est La Vie EP.
C'est La Vie sort le 20 novembre 2007 sur Analytic Trail — le label de Markantonio, qui joue un rôle important dans la formation d’une nouvelle vague de techno napolitain.
Le disque comprend quatre morceaux :
- «Menestrello»;
- «Oasi»;
- «Poker D'Assi»;
- «C'est La Vie».
Le succès de ces premiers disques permet rapidement à Capriati de dépasser le cadre de la scène locale.
2008 et développement international
En 2008, le nombre de sorties et de collaborations augmente nettement.
Capriati travaille avec Rino Cerrone, Markantonio et Uto Karem, et publie de la musique sur Unrilis, Loose Records, Agile Recordings et d’autres labels européens.
Le morceau «Molotov», produit avec Markantonio, se distingue particulièrement. Il reçoit le soutien de Richie Hawtin et d’autres figures majeures du techno.
Parallèlement, Capriati commence à se produire régulièrement en dehors de l’Italie.
CLR et Drumcode
Une nouvelle étape majeure intervient en 2009.
Le label CLR de Chris Liebing publie le Login EP, et peu après Capriati commence à collaborer avec Drumcode, le label du producteur suédois Adam Beyer.
Ses premières productions pour Drumcode sont «Sidechains» et «Kontrol Room».
La relation avec Drumcode s’inscrit dans la durée. Au cours des années suivantes, Capriati publie régulièrement sur le label et devient l’un des artistes les plus reconnaissables de son catalogue aux côtés d’Adam Beyer lui-même.
Save My Soul
En 2010, Joseph Capriati publie son premier album studio, Save My Soul, sur Analytic Trail.
L’album est important car il révèle déjà un éventail musical plus large que ce que ses singles destinés aux clubs pouvaient laisser supposer.
À côté d’un techno fonctionnel, Capriati intègre des morceaux plus calmes, atmosphériques et expérimentaux. Cette approche deviendra par la suite une caractéristique constante de ses albums : pour lui, un long format ne doit pas être simplement une collection de DJ tools.
Drumcode et Adam Beyer
Au début des années 2010, sa collaboration avec Adam Beyer devient particulièrement étroite.
Drumcode publie notamment «Gashouder», «Vesuvio», «The Gallery» et d’autres productions de Capriati.
En 2012, Adam Beyer et Joseph Capriati sortent ensemble le Congenial Endeavor EP.
Ces sorties coïncident avec une période où Drumcode devient l’une des plus grandes marques internationales de la scène techno contemporaine, tandis que Capriati devient un participant régulier aux événements du label.
Ibiza et Music On
Ibiza prend une importance particulière dans la carrière internationale de Capriati.
En 2012, il commence à jouer régulièrement lors de la nouvelle soirée Music On, créée par Marco Carola au club Amnesia.
Lors de la première saison, Capriati joue six sets dans la Main Room. En 2013, il devient officiellement résident de Music On et participe à huit soirées au cours de la saison.
Son techno plus dur dans la Main Room contraste avec l’orientation house et tech house développée par Marco Carola sur la Terrace.
Music On joue un rôle majeur dans la transformation de Capriati, qui passe du statut de producteur techno reconnu à celui de véritable headliner international.
Self Portrait
En novembre 2013, Drumcode publie son deuxième album studio, Self Portrait.
Le titre souligne le caractère personnel du projet. Capriati souhaite présenter non seulement son son club habituel, mais un portrait musical plus large.
Parmi les morceaux les plus connus de l’album figurent :
- «Fratello»;
- «Awake»;
- «Basic Element»;
- «This Then That»;
- «Easy Come Easy Go»;
- «Always and Forever»;
- «Deep Thoughts».
Le morceau d’ouverture «Electrolytic» intègre des influences ambient et breakbeat, tandis que «Awake» représente un peak-time techno plus direct.
Cette diversité confirme que Capriati envisage le format album différemment de ses sorties destinées au DJing.
Le documentaire Autoritratto
Le projet Self Portrait est accompagné du documentaire Autoritratto.
Le tournage a lieu à Caserte et s’intéresse aux origines du musicien, à sa famille, à ses amis et à la scène locale.
Le film est inclus dans l’édition CD/DVD de l’album et permet de montrer une facette plus personnelle d’un artiste qui, à cette période, passe une grande partie de l’année en tournée internationale.
fabric 80
En 2015, Joseph Capriati enregistre fabric 80 pour la célèbre série du club londonien fabric.
Le mix est enregistré en direct sur deux CDJ et une table de mixage — exactement comme Capriati pourrait jouer un set nocturne classique en club.
La sélection comprend de la musique d’Adam Beyer, Recondite, Joel Mull, Gary Beck, Brian Sanhaji, Alan Fitzpatrick et d’autres producteurs, ainsi que le propre morceau de Capriati «Partenopeo».
Il structure le mix comme un déplacement entre les différentes salles de fabric : d’un matériau house et tech house plus groovy vers un techno plus lourd, puis vers une conclusion plus mélodique.
Redimension
En 2016, Capriati lance son propre label, Redimension.
Le nom reflète sa volonté de créer un espace lui permettant d’élargir ses frontières musicales au-delà des attentes associées à sa carrière chez Drumcode.
La première sortie comprend deux morceaux réalisés avec Adam Beyer, «Parallels» et «External Links».
Ils sont suivis sur Redimension par Prospective Journeys avec Flavio Folco.
Par la suite, le label publie également la musique d’autres artistes et devient la principale plateforme de Capriati pour ses expérimentations en studio.
DJ sets marathon
À cette époque, Capriati s’est déjà forgé une réputation particulière grâce à ses longues performances.
Contrairement à un créneau classique de festival d’une ou deux heures, un marathon set lui permet de commencer par la house, de traverser le minimal et le tech house jusqu’au techno, puis de modifier de nouveau le tempo et l’atmosphère.
Capriati joue régulièrement des sets de dix, douze heures ou davantage dans des clubs d’Europe et d’Amérique.
L’exemple le plus célèbre a lieu les 18–19 novembre 2017 au Heart Nightclub de Miami.
Le set dure 25 heures et 30 minutes. Le musicien expliquera ensuite qu’il avait l’intention de jouer longtemps, mais qu’il n’avait pas prévu à l’avance de dépasser les 24 heures.
Il s’agit toujours du DJ set le plus long de sa carrière.
La house revient au premier plan
Malgré sa réputation internationale de DJ techno, Capriati n’a jamais totalement abandonné la house.
Ses rencontres avec l’une de ses premières références musicales, Louie Vega, deviennent particulièrement importantes.
Capriati et Vega commencent à se produire ensemble, notamment lors de longs sets exclusivement sur vinyle. Ses échanges avec l’un des fondateurs de Masters At Work poussent Joseph à revenir vers la musique qu’il écoutait avant de découvrir le techno.
Peu à peu naît l’idée d’un album capable de réunir les deux grandes facettes de sa biographie musicale.
Burning Man et évolution de son approche créative
Une impulsion supplémentaire vient de la première visite de Capriati au Burning Man en 2018.
L’expérience du festival influence sa manière de considérer la musique électronique comme un espace où la fonction dansante peut coexister avec une expression plus personnelle et expérimentale.
Durant les années suivantes, il travaille sur un matériau qui deviendra finalement Metamorfosi.
Metamorfosi
Le 4 septembre 2020, Redimension publie son troisième album studio, Metamorfosi.
Le titre lui-même — «Métamorphose» — décrit les changements intervenus aussi bien dans la musique de Capriati que dans son rapport à sa propre image publique.
Au lieu de créer un album composé exclusivement de techno dur, il conçoit un projet où coexistent house, acid, broken beat, musique électronique mélodique, textures ambient et morceaux destinés aux clubs.
L’album comprend :
- «Improvvisazione»;
- «Beautiful Morning»;
- «Spirit Brothers» avec Louie Vega;
- «Anything Is Possible»;
- «Dust»;
- «New Horizons» avec James Senese;
- «Metamorfosi»;
- «Psychic Journey»;
- «Goa»;
- «It's All About Love»;
- «Love Changed Me» avec Eric Kupper et Byron Stingily;
- «Let's Change The World».
Louie Vega, James Senese et Byron Stingily
La liste des invités de Metamorfosi reflète plusieurs dimensions différentes des goûts musicaux de Capriati.
Louie Vega représente la house américaine que Joseph écoutait déjà durant son enfance.
James Senese est saxophoniste et l’une des figures importantes de la culture musicale napolitaine, mêlant funk, jazz et traditions locales.
Eric Kupper et le chanteur Byron Stingily sont étroitement liés à la scène house américaine classique.
Metamorfosi ne représente donc pas une rupture avec la carrière précédente de Capriati, mais une tentative de réunir dans une seule œuvre plusieurs périodes musicales de sa vie.
2021 et une pause forcée
En janvier 2021, Capriati est hospitalisé à la suite d’un grave conflit familial à Caserte et doit subir une opération en urgence en raison d’une blessure à la poitrine.
Son état est d’abord considéré comme sérieux, mais le musicien se rétablit et reprend ensuite ses activités professionnelles.
Cet épisode intervient à une période où l’industrie des tournées est déjà pratiquement à l’arrêt en raison de la pandémie de COVID-19.
Metamorfosi devient un projet de club
Le titre du troisième album se transforme progressivement en un concept événementiel indépendant.
En 2022, Capriati lance la série Joseph Capriati presents Metamorfosi à l’Amnesia Ibiza.
La première saison comprend trois événements. Contrairement à une soirée d’artiste classique centrée sur un seul genre, Metamorfosi repose sur l’idée d’un mouvement musical entre house et techno.
Au cours des années suivantes, le projet s’élargit progressivement :
- 2022 — trois soirées;
- 2023 — cinq;
- 2024 — huit;
- 2025 — une résidence de quatorze semaines;
- 2026 — quatorze semaines consécutives.
Metamorfosi 2024
En 2024, le projet occupe les deux principaux espaces musicaux de l’Amnesia.
Capriati utilise principalement la Terrace pour une house groovy, du tech house et des sonorités électroniques plus ouvertes, tandis que l’autre salle lui permet de présenter des formes de techno plus lourdes et expérimentales.
Parmi les invités des différentes éditions de Metamorfosi figurent Paul Kalkbrenner, Jamie Jones, Seth Troxler, Chris Stussy, WhoMadeWho, Sara Landry, Indira Paganotto et d’autres artistes.
Peace & Blessings
En mai 2024, le label new-yorkais Nervous Records publie le single «Peace & Blessings» avec le chanteur house américain Arnold Jarvis.
Pour Capriati, le morceau constitue un hommage direct au genre par lequel il a découvert la musique électronique dansante.
Au lieu d’un techno moderne et dur, le titre renoue avec la dimension spirituelle et vocale de la house américaine classique — percussions, synthétiseurs chaleureux et véritable partie vocale construite comme une chanson.
Mantra avec Indira Paganotto
Le 13 juin 2024, Capriati et la productrice hispano-italienne Indira Paganotto publient ensemble le Mantra EP sur son label ARTCORE.
La sortie comprend deux morceaux :
- «Ananda»;
- «Mantra».
«Ananda» se rapproche davantage du techno dynamique classique de Capriati, tandis que «Mantra» fait plus largement appel aux éléments psychédéliques et psytrance caractéristiques de Paganotto.
Le projet commun montre qu’après une période de retour marqué vers la house, Capriati n’a pas abandonné le techno plus lourd.
Déménagement à Lisbonne
En 2024, Capriati change également son environnement de travail habituel.
Après environ douze années passées à Barcelone, il s’installe à Lisbonne et commence à y aménager un nouveau studio.
Le musicien relie ce changement à son désir de réduire le nombre de tournées, de consacrer davantage de temps à sa propre musique et de vivre plus près de la nature et de l’océan.
À la même période, il évoque un mode de vie plus calme et son choix conscient de s’éloigner du rythme permanent des afterparties en club.
Global Underground #47: Montreal
Le 21 mars 2025 paraît Global Underground #47: Joseph Capriati — Montreal.
Pour Capriati, sa participation à la série Global Underground représente une continuité importante de la démarche commencée avec fabric 80 : plutôt que de créer un album studio original, il peut présenter sa propre vision du DJing comme forme artistique.
Le mix est divisé en deux parties contrastées. La première s’oriente davantage vers la house, le groove et des sonorités plus chaleureuses, tandis que la seconde évolue progressivement vers un techno plus profond et plus dur.
La sélection comprend de la musique de Louie Vega, Anané, Deetron, Carl Cox, Solomun, Âme, Marc Romboy, Oliver Huntemann, Len Faki, Rino Cerrone et d’autres artistes.
Capriati y inclut également son propre morceau «Meandri».
GU47 n’est pas le quatrième album studio de Joseph Capriati — il s’agit d’une compilation DJ d’auteur intégrée à la série Global Underground.
Metamorfosi au Hï Ibiza
Durant la saison 2025, Metamorfosi quitte l’Amnesia pour la première fois et s’installe au Hï Ibiza.
Du 4 juillet au 3 octobre, Capriati organise la soirée chaque vendredi, soit 14 semaines au total.
Le projet occupe simultanément trois espaces du club, tandis que la programmation musicale met en avant différentes facettes des scènes house et techno contemporaines.
Pour Capriati, cette saison représente le développement le plus ambitieux de la marque Metamorfosi depuis sa création.
Metamorfosi Records
Le 20 juin 2025, Capriati transforme également le nom du projet en un nouveau label discographique — Metamorfosi Records.
Le nouvel imprint existe parallèlement à Redimension, tout en possédant sa propre identité.
Si Redimension est historiquement davantage lié au techno et au travail personnel de Capriati en studio, Metamorfosi Records se concentre sur la house, le tech house, le minimal et les dub grooves, sans se limiter volontairement à des sonorités techno plus sombres.
La première sortie est le morceau commun de Joseph Capriati et du producteur espagnol Dennis Cruz — «No Sleep».
Cosmopop
Le 27 juin 2025, Capriati apparaît pour la première fois dans le catalogue de Cocoon Recordings, le label de Sven Väth.
Son morceau «Cosmopop» figure sur la compilation Cocoon Compilation V.
Le titre se distingue nettement du peak-time techno traditionnel de Capriati : son tempo tourne autour de 122 BPM, tandis que sa structure repose sur un rolling groove souple et des couches harmoniques mélodiques.
Cette sortie prolonge la démarche des dernières années, durant lesquelles l’artiste s’est consciemment affranchi de l’obligation de correspondre à une identité de genre unique.
Retour de Metamorfosi à l’Amnesia en 2026
Pour la saison 2026, Metamorfosi revient à l’Amnesia Ibiza, le club où le projet avait été lancé à l’origine.
La résidence se tient les mardis du 30 juin au 29 septembre et comprend 14 semaines consécutives — la plus longue saison de Metamorfosi à l’Amnesia.
La programmation est répartie entre la Terrace et la Main Room, permettant à Capriati de développer simultanément les dimensions house-oriented et techno du projet.
Le line-up de la saison comprend Richie Hawtin, Jamie Jones, Seth Troxler, Chris Stussy, Ben Klock, Maceo Plex, Damian Lazarus, BLOND:ISH, Dubfire, Anfisa Letyago, Freddy K, WhoMadeWho, Fatima Hajji et d’autres artistes.
La résidence coïncide avec le 50e anniversaire de l’Amnesia.
Style musical
La musique de Joseph Capriati est généralement classée dans le techno, mais son parcours professionnel montre une réalité plus complexe.
Plusieurs grandes directions peuvent être distinguées dans son travail :
- techno — la base de son essor international à la fin des années 2000 et de sa période Drumcode;
- house — le premier genre électronique qui l’a passionné dès l’enfance;
- tech house — une composante importante de ses sets prolongés et du Metamorfosi contemporain;
- minimal et dub — particulièrement visibles dans ses premiers travaux et certains sets en club;
- musique électronique mélodique — plus présente sur Metamorfosi et dans ses sorties plus récentes.
Avec le temps, les étiquettes de genre sont devenues moins importantes pour Capriati que le groove et le développement d’un DJ set.
Style de DJing
Joseph Capriati s’est d’abord construit comme DJ, avant de devenir producteur.
Son approche repose sur un développement progressif du set. Au lieu d’enchaîner constamment les climax, il peut modifier progressivement le tempo, la densité rythmique et le genre, en passant de la house au minimal, puis au tech house et au techno.
Ses nombreuses années d’expérience avec les marathon sets lui ont permis de travailler sur des arcs musicaux très longs.
Dans des interviews plus récentes, Capriati a expliqué qu’avec le temps il avait cessé de considérer la durée d’un set comme une performance en soi. Selon lui, l’expérience acquise lors de prestations de plusieurs heures lui permet désormais de construire un véritable voyage musical même en deux ou trois heures.
Lien avec Naples
Bien que Capriati soit né à Caserte et ait passé une grande partie de sa vie adulte en dehors de l’Italie, l’école électronique napolitaine reste une composante importante de son identité musicale.
C’est par l’intermédiaire de Rino Cerrone, Markantonio et des labels locaux qu’il obtient ses premières opportunités professionnelles.
Plus tard, Capriati revient à plusieurs reprises à la musique de cette génération — par exemple en retravaillant d’anciens morceaux de Rino Cerrone dans le projet Rilis Classics.
Sur Metamorfosi, ce lien avec la région dépasse le cadre du techno grâce à sa collaboration avec le saxophoniste napolitain James Senese.
Albums studio
- 2010 — Save My Soul — Analytic Trail;
- 2013 — Self Portrait — Drumcode;
- 2020 — Metamorfosi — Redimension.
Principaux DJ mixes
- 2015 — fabric 80 — fabric;
- 2025 — Global Underground #47: Joseph Capriati — Montreal — Global Underground.
Sorties sélectionnées
- 2007 — Formaldehyde EP;
- 2007 — C'est La Vie EP;
- 2008 — Molotov — avec Markantonio;
- 2009 — Login EP;
- 2009 — Sidechains / Kontrol Room;
- 2010 — Gashouder;
- 2011 — Vesuvio;
- 2012 — Congenial Endeavor — avec Adam Beyer;
- 2013 — Awake / Fratello;
- 2016 — Parallels / External Links — avec Adam Beyer;
- 2017 — Prospective Journeys — avec Flavio Folco;
- 2018 — Rilis Classics;
- 2020 — Goa;
- 2024 — Peace & Blessings — avec Arnold Jarvis;
- 2024 — Mantra EP — avec Indira Paganotto;
- 2025 — Meandri;
- 2025 — No Sleep — avec Dennis Cruz;
- 2025 — Cosmopop.
Les labels de Joseph Capriati
Redimension
Fondé en 2016 comme plateforme créative personnelle de Capriati. Redimension a publié ses collaborations, les sorties d’autres producteurs ainsi que l’album Metamorfosi.
Metamorfosi Records
Lancé en 2025 comme prolongement musical de la série d’événements du même nom. Le label se concentre sur la house, le tech house, le minimal, les dub grooves et une vision plus large du son club.
Parcours artistique
Il serait facile de présenter à tort l’histoire de Joseph Capriati comme une progression linéaire, d’un jeune producteur techno de la région napolitaine vers le statut de headliner international. En réalité, son parcours musical a changé de direction à plusieurs reprises.
La house fut sa première passion, avant même sa découverte du techno. La scène napolitaine lui a offert une véritable école technique et des mentors professionnels. CLR et Drumcode l’ont porté sur la scène internationale, tandis que Music On a fait d’Ibiza une composante essentielle de sa carrière.
Au milieu des années 2010, Capriati est associé de manière très forte à l’image d’un puissant DJ de peak-time techno. C’est précisément des limites de cette image qu’il commencera ensuite à s’éloigner consciemment.
Metamorfosi devient le point central de cette nouvelle période : la house revient dans sa musique, non plus comme un simple souvenir de jeunesse, mais comme une composante à part entière de son propre langage. L’album est suivi par les soirées du même nom, les résidences à Ibiza et un label indépendant.
Au milieu des années 2020, Joseph Capriati se décrit donc plus justement non comme un artiste appartenant à une seule branche du techno, mais comme un DJ reliant différentes générations de house et de techno. Son identité professionnelle repose sur le groove, le développement prolongé du set et un mouvement constant entre les styles musicaux — une idée qu’il a finalement résumée dans le mot Metamorfosi.

