Michael Jackson - Biographie et discographie, tous les albums et toutes les chansons

Michael Jackson

Michael Joseph Jackson était un chanteur, auteur-compositeur, danseur, producteur de musique américain et l’un des artistes les plus influents de l’histoire de la musique populaire. Il est né le 29 août 1958 à Gary, dans l’Indiana, et est mort le 25 juin 2009 à Los Angeles à l’âge de 50 ans. En quatre décennies de carrière professionnelle, Jackson est passé du statut d’enfant chanteur principal du groupe familial Jackson 5 à celui d’artiste ayant profondément transformé l’idée même de ce que pouvaient être une chanson pop, un clip musical, une performance dansée et une tournée mondiale. La Recording Academy le décrit comme l’un des artistes les plus célèbres et les plus influents de l’histoire de l’enregistrement, tandis que le Rock & Roll Hall of Fame souligne son rôle dans la redéfinition à la fois du son et du langage visuel de la musique pop.

Michael est devenu mondialement connu sous le surnom de « King of Pop », mais son œuvre ne s’est jamais limitée à la pop. Au fil des différentes périodes de sa carrière, il a mêlé pop, R&B, soul, funk, disco, rock et dance music. Les albums Off the Wall, Thriller, Bad, Dangerous et HIStory reflètent plusieurs étapes distinctes de l’évolution de la musique populaire, tandis que Billie Jean, Beat It, Thriller, Bad, Smooth Criminal, Man in the Mirror, Black or White, Remember the Time, Earth Song et They Don't Care About Us restent au cœur de son catalogue.

Enfance à Gary et famille Jackson

Michael était le huitième des dix enfants de Joseph et Katherine Jackson. L’un des fils de la famille, Brandon — le frère jumeau de Marlon — est mort peu après sa naissance. La famille vivait dans une petite maison de la ville industrielle de Gary. Joseph Jackson travaillait comme grutier et avait joué de la guitare dans un groupe local de R&B lorsqu’il était jeune, tandis que Katherine pratiquait la musique et jouait de plusieurs instruments. Les enfants ont donc grandi dans un environnement où la musique faisait partie du quotidien bien avant la création d’un groupe familial professionnel.

Les premières versions du groupe familial se sont formées autour des frères aînés Jackie, Tito et Jermaine. Marlon et Michael les ont ensuite rejoints, donnant naissance à The Jackson 5. Michael a commencé à se produire en public vers l’âge de six ans et s’est rapidement imposé au premier plan grâce à une voix inhabituellement mature pour son âge, un sens du rythme extrêmement précis et une capacité remarquable à chanter et danser simultanément. La Recording Academy situe elle aussi le début de ses prestations professionnelles à l’âge de six ans.

L’histoire familiale ne se résume cependant pas au succès précoce. Michael et plusieurs autres enfants Jackson ont raconté plus tard les méthodes de répétition extrêmement strictes de leur père et la forte pression qui accompagnait leur carrière d’enfants. Cet aspect de sa biographie est important pour comprendre son perfectionnisme ultérieur et sa relation particulière à l’enfance, même si les accomplissements musicaux des Jackson 5 ne peuvent pas être réduits à la seule discipline familiale.

The Jackson 5 et le phénomène Motown

À la fin des années 1960, les frères sont remarqués par Bobby Taylor de Bobby Taylor & the Vancouvers, qui contribue à les présenter à Motown. Après une audition, le groupe obtient un contrat. Le Motown Museum situe le début de la collaboration en 1968 et la signature officielle en 1969. Le label construit autour des frères une image soigneusement organisée de jeune groupe familial soul, avec Michael comme principal centre vocal.

Le succès est presque immédiat. Les quatre premiers grands singles des Jackson 5 chez Motown — I Want You Back, ABC, The Love You Save et I'll Be There — atteignent successivement la première place du Billboard Hot 100 américain. Les Jackson 5 deviennent le premier groupe dont les quatre premières apparitions dans ce classement se terminent toutes au sommet.

C’est dans ces enregistrements que se forme la première version reconnaissable du langage musical de Michael : phrasé rythmique tranchant, exclamations émotionnelles, interprétation fortement influencée par la soul et rare capacité, pour un enfant, à rester au centre d’arrangements vocaux complexes. Motown complète cette identité par une chorégraphie professionnelle, des costumes colorés et un répertoire soigneusement sélectionné.

Le premier album, Diana Ross Presents The Jackson 5, paraît en décembre 1969, suivi de ABC, Third Album, Maybe Tomorrow et d’autres disques. En quelques années, les frères deviennent des stars internationales, tandis que Michael est déjà l’un des enfants artistes les plus connus au monde avant même son adolescence.

Première carrière solo : Got to Be There et Ben

Motown commence rapidement à développer Michael comme artiste solo parallèlement au groupe. Dès 1971 paraît le single Got to Be There, suivi en 1972 par le premier album solo du même nom. Vient ensuite Ben, dont la chanson-titre devient le premier numéro un solo de Michael Jackson au Billboard Hot 100.

Durant sa période Motown, il publie quatre albums studio en solo : Got to Be There et Ben en 1972, Music & Me en 1973 et Forever, Michael en 1975. Ces disques ne lui offrent pas encore le degré de contrôle artistique qu’il atteindra plus tard, mais ils démontrent qu’il peut exister indépendamment du projet familial.

De Jackson 5 à The Jacksons

Au milieu des années 1970, les frères deviennent insatisfaits des restrictions imposées par Motown et cherchent à gagner davantage d’autonomie dans l’écriture et la production de leur musique. Après leur passage chez Epic Records, le groupe doit changer de nom, Motown conservant les droits sur Jackson 5. C’est ainsi que naissent The Jacksons. Jermaine reste chez Motown, tandis que son frère cadet Randy prend sa place dans le groupe.

Le nouveau contrat donne progressivement à Michael et à ses frères davantage de contrôle créatif. L’album Destiny, sorti en 1978, devient particulièrement important : Michael participe déjà activement à l’écriture du répertoire, tandis que Shake Your Body (Down to the Ground), composé avec Randy, devient l’un des plus grands succès de The Jacksons. L’album suivant, Triumph, confirme cette transition d’interprètes de chansons écrites par d’autres vers des auteurs et producteurs de plus en plus autonomes.

The Wiz et la rencontre avec Quincy Jones

Un événement décisif sur la route de sa carrière solo adulte est sa participation au film musical The Wiz, dans lequel Michael joue l’Épouvantail aux côtés de Diana Ross. Sur le tournage, il rencontre Quincy Jones, directeur musical du film. Michael lui demandera ensuite de produire son prochain album solo.

Cette collaboration devient l’un des partenariats les plus fructueux de l’histoire de la pop. Jackson apporte ses idées mélodiques, ses parties vocales, son sens du rythme et des ambitions croissantes comme auteur ; Jones possède une immense expérience du jazz, du R&B, de l’orchestration et de la production en studio. Ensemble, ils créent trois albums consécutifs — Off the Wall, Thriller et Bad.

Off the Wall : naissance de la superstar adulte

Off the Wall paraît en août 1979 et marque une rupture nette avec l’image de l’ancienne enfant star de Motown. La musique combine disco, funk, soul et pop, mais se révèle nettement plus sophistiquée qu’un album dance typique de l’époque dans ses arrangements, ses harmonies et son travail vocal. Le Rock & Roll Hall of Fame souligne précisément l’association du funk, de la disco et de la soul comme fondement du disque.

Les principaux succès sont Don't Stop 'Til You Get Enough, Rock with You, Off the Wall et She's Out of My Life. Les quatre entrent dans le Top 10 du Billboard Hot 100, faisant de Michael le premier artiste solo à obtenir quatre singles Top 10 issus d’un même album.

Don't Stop 'Til You Get Enough, écrite par Jackson lui-même, lui vaut son premier Grammy en solo dans la catégorie Best R&B Vocal Performance, Male. On y entend déjà très clairement plusieurs caractéristiques qui deviendront sa signature vocale : respirations rythmiques brèves, falsetto, exclamations tranchantes et utilisation de la voix presque comme un instrument de percussion.

Off the Wall fait de Michael une star totalement indépendante, mais lui-même estime alors pouvoir aller beaucoup plus loin. L’album suivant va effectivement transformer non seulement l’échelle de sa propre carrière, mais aussi celle de l’industrie musicale mondiale.

Thriller : l’album majeur d’une époque

Thriller paraît le 30 novembre 1982. Jackson travaille à nouveau avec Quincy Jones, mais souhaite cette fois créer un album aussi large que possible dans son spectre musical. Sur neuf morceaux se côtoient pop, R&B, funk, rock et post-disco. Paul McCartney apparaît sur The Girl Is Mine, Eddie Van Halen enregistre le célèbre solo de guitare de Beat It, et l’acteur Vincent Price livre la partie parlée de Thriller.

Sept des neuf morceaux de l’album sont exploités en singles, et tous les sept entrent dans le Top 10 américain : The Girl Is Mine, Billie Jean, Beat It, Wanna Be Startin' Somethin', Human Nature, P.Y.T. (Pretty Young Thing) et Thriller. Aucun album n’avait auparavant produit sept singles classés dans le Top 10 du Billboard Hot 100.

Billie Jean et Beat It atteignent toutes deux la première place du Billboard Hot 100. Billie Jean devient l’un des enregistrements les plus emblématiques de Jackson grâce à sa ligne de basse, son rythme minimaliste et la tension presque paranoïaque de son récit. Beat It, à l’inverse, associe pop-R&B et guitare rock lourde, contribuant à effacer la frontière entre public pop et public rock.

Selon Guinness World Records, Thriller reste l’album le plus vendu de l’histoire, l’organisation estimant ses ventes mondiales à plus de 67 millions d’exemplaires. Aux États-Unis, le disque est certifié 34× Platinum et reste l’album le plus certifié d’un artiste solo. Différentes sources ont avancé des estimations mondiales nettement supérieures, mais dans un contexte encyclopédique, il est plus rigoureux de retenir le chiffre conservateur confirmé par Guinness plutôt que des déclarations promotionnelles évoquant 100 millions d’exemplaires.

Thriller passe 37 semaines à la première place du Billboard 200. Plusieurs décennies plus tard, cette performance reste l’une des plus remarquables de l’histoire du classement américain des albums.

Billie Jean, Beat It et la révolution du clip

L’ampleur du phénomène Thriller ne peut pas être expliquée par les seuls enregistrements. C’est durant cette période que Michael Jackson contribue à transformer le clip musical, jusque-là souvent simple support promotionnel d’un single, en une forme autonome de divertissement populaire. Billie Jean et Beat It bénéficient d’une forte rotation télévisuelle, tandis que le succès de Jackson contribue à faire tomber certaines barrières raciales sur MTV, chaîne alors encore très largement orientée vers les artistes de rock blancs. La Recording Academy associe directement Jackson à l’augmentation de la présence d’artistes noirs sur la chaîne.

L’étape la plus radicale est le presque quatorze minutes Michael Jackson's Thriller, réalisé par John Landis. Le clip utilise un véritable récit, des maquillages de cinéma, des dialogues, une chorégraphie de masse et une esthétique horrifique. Présenter Thriller comme « le premier court métrage de l’histoire de la musique » serait inexact — des films musicaux narratifs de longue durée existaient auparavant —, mais le travail de Jackson et Landis a transformé cette forme en phénomène mondial de culture pop.

Motown 25 et le moonwalk

Un autre moment fondateur survient lors de l’émission télévisée Motown 25: Yesterday, Today, Forever. Après avoir chanté avec ses frères, Michael reste seul sur scène pour interpréter Billie Jean. C’est pendant ce numéro que le public découvre son célèbre glissement vers l’arrière, qui sera ensuite indissociablement associé au nom de moonwalk.

Jackson n’a pas inventé ce mouvement. Des variantes du backslide étaient utilisées par des danseurs américains bien avant lui, et la technique existait au moins depuis la première moitié du XXe siècle. Son mérite a été de la perfectionner jusqu’à en faire un mouvement scénique d’une efficacité exceptionnelle et de la rendre célèbre dans le monde entier. Pulitzer a lui aussi souligné que Jackson n’avait pas inventé le moonwalk, mais l’avait perfectionné et popularisé.

Après Motown 25, le moonwalk ne représente qu’une partie d’un vocabulaire chorégraphique beaucoup plus vaste. Jackson mélange popping, locking, mouvements robotiques, rotations, arrêts brusques, toe stands et éléments issus de la gestuelle scénique classique. Parmi ses inspirations figurent James Brown, Fred Astaire, Jackie Wilson, les danseurs de rue et les comédies musicales hollywoodiennes.

Huit Grammys en une nuit

Lors de la cérémonie des Grammy Awards de 1984, Michael Jackson remporte huit récompenses au cours de la même soirée, un record absolu à l’époque. Parmi elles figurent Album of the Year pour Thriller, Record of the Year pour Beat It, plusieurs prix liés à Billie Jean, Thriller et Beat It, des distinctions de production ainsi qu’une récompense pour l’enregistrement pour enfants E.T. the Extra-Terrestrial. Santana égalera plus tard ce record de huit victoires lors d’une même cérémonie, sans qu’il soit dépassé.

Pepsi, Victory Tour et We Are the World

En 1984, Jackson se produit à nouveau avec ses frères lors du Victory Tour. Durant la même période, un accident survient pendant le tournage d’une publicité Pepsi : des effets pyrotechniques mettent le feu à ses cheveux et le chanteur souffre de brûlures au cuir chevelu. L’incident devient l’un des épisodes les plus connus de sa biographie au milieu des années 1980.

En 1985, Michael écrit avec Lionel Richie la chanson caritative We Are the World. L’idée de créer une réponse américaine au projet britannique Band Aid vient de Harry Belafonte et du manager Ken Kragen ; Jackson et Richie sont invités spécifiquement comme auteurs, tandis que Quincy Jones produit l’enregistrement. Il est donc inexact d’affirmer que Michael a « initié » seul le projet.

Des dizaines des plus grands artistes américains participent à l’enregistrement de USA for Africa. Le projet collecte plus de 75 millions de dollars pour lutter contre la famine en Afrique, tandis que We Are the World reçoit les Grammys de Song of the Year et Record of the Year.

Michael Jackson comme propriétaire de droits musicaux

L’un des aspects les plus sous-estimés de sa carrière est sa compréhension du secteur de l’édition musicale. En 1985, Jackson acquiert ATV Music Publishing pour environ 47,5 millions de dollars. Le catalogue comprend de nombreuses compositions célèbres, dont une part importante des chansons Lennon–McCartney de la période des Beatles.

En 1995, ATV fusionne avec la division d’édition musicale de Sony pour donner naissance à Sony/ATV Music Publishing. L’histoire officielle de Sony Music Publishing confirme que l’entreprise a été créée comme joint-venture entre Sony et Michael Jackson. Cette opération transforme les droits d’édition en l’un des actifs les plus précieux de son patrimoine.

Bad : la preuve que Thriller n’était pas un accident

Après le succès sans précédent de Thriller, les attentes autour de l’album suivant sont presque impossibles à satisfaire. Bad paraît en août 1987 et devient le troisième et dernier véritable album studio de Michael produit avec Quincy Jones. Le son devient plus dur et plus numérique, tandis que Jackson assume une part beaucoup plus importante de l’écriture.

Cinq singles de Bad atteignent successivement la première place du Billboard Hot 100 : I Just Can't Stop Loving You, Bad, The Way You Make Me Feel, Man in the Mirror et Dirty Diana. C’est la première fois qu’un seul album produit cinq numéros un américains. Le record ne restera toutefois pas unique : en 2011, l’album Teenage Dream de Katy Perry l’égalera. Dire que le record « n’a toujours pas été battu » demande donc une précision : il a été égalé, mais pas dépassé.

Bad contient également Smooth Criminal, Leave Me Alone, Another Part of Me et Speed Demon. Le clip de Smooth Criminal développe l’esthétique gangster de Jackson et montre son célèbre mouvement d’inclinaison du corps vers l’avant. Pour reproduire cet effet sur scène, Jackson et ses collaborateurs obtiendront ensuite un brevet américain portant sur un système spécial de chaussures et d’ancrage à la scène.

Bad World Tour

Le Bad World Tour de 1987 à 1989 est la première tournée mondiale solo de Jackson. En 123 concerts, il se produit devant environ 4,4 millions de spectateurs. Le Wembley Stadium de Londres accueille à lui seul sept concerts à guichets fermés. La tournée fixe définitivement le modèle d’un concert de Michael Jackson pensé comme un véritable spectacle théâtral, avec chorégraphie, lumières, vidéo et construction dramatique.

Dangerous : rupture avec Quincy Jones et nouvelle époque

Après trois albums avec Quincy Jones, Michael décide de modifier son système de création. Dangerous paraît en novembre 1991, avec comme nouveau partenaire majeur le producteur Teddy Riley, l’un des architectes du new jack swing. Le résultat est un son plus dur, plus mécanique et plus complexe rythmiquement.

La première moitié de l’album est particulièrement marquée par le new jack swing : Jam, Why You Wanna Trip on Me, In the Closet, She Drives Me Wild et Remember the Time. Dans la seconde moitié, la palette musicale s’élargit, de la ballade rock Give In to Me aux titres humanistes Heal the World et Will You Be There.

Le premier single Black or White passe sept semaines à la première place du Billboard Hot 100. Son clip utilise une technologie de morphing des visages impressionnante pour l’époque et transforme une nouvelle fois la première diffusion d’un clip de Jackson en événement télévisuel international.

Remember the Time bénéficie d’un clip spectaculaire se déroulant dans une Égypte antique stylisée, avec Eddie Murphy, Iman et Magic Johnson. L’ère Dangerous montre que Michael est capable, même sans Quincy Jones, de contrôler totalement un grand album pop et de s’adapter à une nouvelle génération de R&B.

Dangerous World Tour et thèmes humanitaires

À la charnière des années 1980 et 1990, les thèmes humanitaires et sociaux prennent une place de plus en plus importante dans l’œuvre de Jackson. Man in the Mirror avait déjà abordé la responsabilité individuelle, avant Heal the World, Earth Song, They Don't Care About Us et d’autres chansons consacrées à la guerre, à la pauvreté, au racisme et à l’environnement.

La Recording Academy souligne notamment son soutien à des organisations caritatives telles que Make-A-Wish Foundation et Elizabeth Taylor AIDS Foundation, tandis que We Are the World reste l’exemple le plus connu de son engagement philanthropique. Il est donc justifié de décrire Jackson comme un philanthrope actif, mais les chiffres largement diffusés sur Internet concernant le nombre exact d’organisations soutenues ou le total de ses dons doivent être utilisés avec une attribution précise à une source et à une période de calcul.

Les accusations de 1993 et l’évolution de son image publique

En 1993, Michael Jackson fait pour la première fois publiquement l’objet d’accusations d’abus sexuels sur un mineur. L’artiste nie catégoriquement les accusations. En janvier 1994, la procédure civile est réglée par un accord financier qui ne constitue pas une reconnaissance de culpabilité. L’enquête pénale se poursuit après l’accord civil, mais aucune inculpation n’est prononcée à ce moment-là.

Cet épisode modifie profondément la perception publique de Jackson. Depuis les années 1980, les tabloïds accordaient déjà une attention énorme à son apparence, à sa vie privée et à ses comportements excentriques ; après 1993, les questions concernant ses relations avec des enfants deviennent une partie centrale du débat médiatique autour de l’artiste et continuent par la suite à peser sur l’évaluation de son héritage.

HIStory : la musique comme réponse à la pression

En juin 1995 paraît HIStory: Past, Present and Future, Book I. Il s’agit d’un double projet : le premier disque réunit une sélection de grands succès, tandis que le second propose de nouveaux morceaux. Par rapport à Dangerous, les textes deviennent nettement plus conflictuels et autobiographiques. Ils abordent la solitude, l’injustice, les relations avec les médias, le racisme, l’environnement et le sentiment de persécution.

L’album s’ouvre sur Scream, un morceau électronique agressif enregistré avec sa sœur Janet Jackson. Le clip réalisé par Mark Romanek reçoit le Grammy de Best Music Video. L’album comprend également They Don't Care About Us, Stranger in Moscow, Earth Song et You Are Not Alone.

En septembre 1995, You Are Not Alone devient la première chanson de l’histoire du Billboard Hot 100 à débuter directement à la première place. Il s’agit d’un nouveau record majeur dans la carrière de Jackson.

Earth Song et la dimension sociale du Jackson tardif

Earth Song devient l’une des œuvres les plus ambitieuses de sa période tardive. La chanson mêle gospel, pop et une dramaturgie presque symphonique, tandis que le texte aborde la destruction de l’environnement, la guerre et la souffrance humaine. La dimension protestataire se poursuit avec They Don't Care About Us, pour laquelle Spike Lee réalise deux clips différents.

Blood on the Dance Floor

En 1997 paraît Blood on the Dance Floor: HIStory in the Mix. Il ne s’agit pas d’un album studio classique, mais d’un hybride réunissant nouveau matériel et remixes de chansons de HIStory. Outre la chanson-titre, le disque contient les nouveaux morceaux Morphine, Superfly Sister, Ghosts et Is It Scary. Il est donc plus juste de considérer Blood on the Dance Floor séparément des dix principaux albums studio solo de Jackson.

Cette période est également marquée par le HIStory World Tour de 1996–1997, dernière grande tournée mondiale solo de Michael. Il n’entreprendra plus par la suite de série de concerts d’une ampleur comparable.

Vie privée et enfants

En 1994, Michael Jackson épouse Lisa Marie Presley, fille de Elvis Presley. Le mariage se termine par un divorce en 1996. La même année, il épouse l’infirmière Debbie Rowe. Le couple a un fils, Michael Joseph Jackson Jr., connu sous le nom de Prince, en 1997, puis une fille, Paris-Michael Katherine Jackson, en 1998. Après le divorce d’avec Rowe en 1999, Jackson obtient la garde des enfants. En 2002 naît, par l’intermédiaire d’une mère porteuse, son troisième fils Prince Michael Jackson II, plus tard connu sous le nom de Bigi.

Invincible : dernier album studio publié de son vivant

Après six années sans véritable nouvel album studio, Invincible paraît en octobre 2001. Le disque reflète le R&B contemporain du début du XXIe siècle et est produit avec une large équipe comprenant notamment Rodney Jerkins. On y trouve You Rock My World, Butterflies, Cry, Break of Dawn, Whatever Happens et d’autres morceaux.

Invincible atteint la première place du Billboard 200 et devient le dernier album studio de nouveau matériel publié par Michael Jackson de son vivant. Le premier single, You Rock My World, entre dans le Top 10 américain et reçoit une nomination aux Grammy Awards.

La sortie s’accompagne d’un conflit entre Jackson et Sony Music portant sur la promotion de l’album, les relations contractuelles et les droits liés aux enregistrements. Contrairement à Bad, Dangerous et HIStory, Invincible ne bénéficie pas d’une grande tournée mondiale et son cycle commercial est nettement plus court que celui des précédents albums de Jackson.

Le procès de 2005

À la suite de nouvelles accusations apparues au début des années 2000, une procédure pénale est engagée contre Jackson en Californie. En 2005 se déroule le long procès People v. Jackson, portant notamment sur des accusations d’abus sexuels sur un mineur, de fourniture d’alcool et de complot. Michael plaide non coupable.

Le 13 juin 2005, le jury acquitte Jackson de l’ensemble des chefs d’accusation pénale retenus contre lui. Il s’agit d’un fait juridique fondamental : Michael Jackson n’a jamais été condamné par un tribunal pour abus sexuels sur des enfants. L’acquittement n’a toutefois pas mis fin aux controverses publiques concernant des accusations antérieures ou ultérieures.

Après la mort de l’artiste, de nouvelles plaintes civiles sont déposées, notamment par Wade Robson et James Safechuck, dont les accusations deviennent largement connues après le documentaire Leaving Neverland. Les représentants de la succession Jackson ont systématiquement rejeté ces accusations. Une présentation encyclopédique de sa biographie doit donc clairement distinguer trois éléments différents : les accusations elles-mêmes, les procédures civiles et le fait judiciaire établi de son acquittement au procès pénal de 2005.

Dernières années et retour prévu sur scène

Après le procès, Michael vit quelque temps en dehors des États-Unis et apparaît beaucoup moins en public. Il ne publie plus de nouvel album studio complet, mais continue à travailler sur de la musique et envisage un retour aux grandes performances scéniques.

En mars 2009, Jackson annonce une série de concerts intitulée This Is It à l’O2 Arena de Londres. Dix représentations sont initialement prévues, mais face à l’énorme demande, leur nombre est porté à 50. Environ un million de billets sont vendus. Le premier concert devait avoir lieu le 13 juillet 2009.

Une production à grande échelle est préparée sous la direction de Kenny Ortega. Jackson répète des chansons issues de différentes périodes de sa carrière, de nouvelles versions de chorégraphies, des séquences vidéo et des numéros scéniques complexes. Les dernières répétitions au Staples Center serviront ensuite de base au documentaire Michael Jackson's This Is It.

Mort de Michael Jackson

Le 25 juin 2009, Michael Jackson est retrouvé inconscient dans une maison louée à Los Angeles, puis déclaré mort au UCLA Medical Center. Il a 50 ans. L’expertise médico-légale établit comme cause du décès une intoxication aiguë au propofol, avec l’implication d’autres médicaments sédatifs, et classe la mort comme homicide, c’est-à-dire un décès résultant des actions d’une autre personne. Dans ce contexte médico-légal, le terme ne signifie pas automatiquement meurtre intentionnel.

Le médecin personnel de Jackson, Conrad Murray, qui lui administrait du propofol à domicile comme aide au sommeil, est poursuivi pour homicide involontaire. En novembre 2011, Murray est reconnu coupable d’involuntary manslaughter.

La mort de l’artiste provoque une réaction mondiale et une forte hausse des ventes de son catalogue. Les concerts This Is It prévus n’auront jamais lieu.

Michael Jackson's This Is It

À l’automne 2009, les images des répétitions sont assemblées dans le film Michael Jackson's This Is It, réalisé par Kenny Ortega. Le film ne montre pas un concert terminé, mais le processus de travail : répétitions, échanges avec les musiciens, les danseurs et l’équipe de production. Il rapporte plus de 260 millions de dollars au box-office mondial et conserve pendant plusieurs années le record parmi les films de concert, jusqu’à ce que son résultat soit dépassé par Taylor Swift: The Eras Tour.

Albums posthumes

Après la mort de Jackson, des archives continuent d’être publiées sous la gestion de sa succession et de Sony. En décembre 2010 paraît l’album Michael, contenant du matériel jusque-là inédit, notamment Hold My Hand avec Akon et Hollywood Tonight.

En mai 2014 paraît Xscape. Le projet utilise des enregistrements d’archives issus de différentes périodes et retravaillés par des producteurs contemporains. Parmi les huit morceaux figurent Love Never Felt So Good, Chicago, A Place with No Name, Slave to the Rhythm et la chanson-titre Xscape.

La version de Love Never Felt So Good avec Justin Timberlake atteint la 9e place du Billboard Hot 100, démontrant une capacité rare pour un catalogue posthume à rivaliser avec les sorties pop contemporaines.

En 2022, à l’occasion du quarantième anniversaire de Thriller, paraît l’édition étendue Thriller 40 avec du matériel d’archives supplémentaire, tandis que les clips Thriller et Beat It bénéficient de restaurations modernes en 4K.

Héritage sur scène et au cinéma

L’histoire de Jackson continue également en dehors du disque. En 2022, la comédie musicale MJ ouvre à Broadway, construite autour de la préparation du Dangerous World Tour et de chansons issues de différentes périodes de sa carrière. Myles Frost, qui interprète Michael, reçoit le Tony Award du meilleur acteur dans une comédie musicale ; la production est également récompensée pour sa chorégraphie, ses lumières et son son.

En 2026 paraît le film biographique Michael, réalisé par Antoine Fuqua, avec Jaafar Jackson, neveu du chanteur, dans le rôle de Michael adulte. Le film se concentre sur les débuts de la carrière de l’artiste et la période allant jusqu’à la fin des années 1980, devenant un important événement cinématographique international.

Pourquoi les clips de Jackson ont changé l’industrie

Les clips existaient déjà comme outil de promotion important avant Jackson, mais il en a considérablement élevé les standards en matière de budget, de mise en scène et de portée culturelle. Billie Jean a démontré qu’un artiste pop noir pouvait connaître un immense succès dans l’environnement de MTV, alors encore largement dominé par le rock blanc ; Beat It a combiné narration et chorégraphie collective ; Thriller a rapproché le clip du court métrage ; Bad, Smooth Criminal, Remember the Time, Black or White et Scream ont prolongé cette approche. Le Rock & Roll Hall of Fame associe directement la carrière de Jackson à la transformation du langage visuel de la pop mondiale.

Après Michael, le clip narratif à gros budget cesse d’être une exception. Pour les principales stars pop des années 1990 et des décennies suivantes, la chorégraphie vidéo, la réalisation et la construction minutieuse d’une identité visuelle deviennent des éléments presque indispensables d’une carrière internationale.

Voix et pensée musicale

La dimension spectaculaire de ses clips et de sa danse fait parfois oublier que Jackson était avant tout un chanteur au caractère vocal exceptionnel. Sa palette expressive comprenait un ténor clair et aigu, un falsetto doux, des mélismes soul, des chuchotements, des exclamations rythmiques, des hoquets, des respirations et de courts sons consonantiques utilisés comme une forme de percussion supplémentaire.

Michael développait souvent ses chansons sans notation instrumentale traditionnelle : il pouvait reproduire avec sa voix les parties de batterie, de basse et d’autres instruments, puis transformer l’arrangement imaginé en véritable production studio avec les musiciens et producteurs. Dans son propre catalogue, il est auteur ou coauteur de morceaux majeurs tels que Don't Stop 'Til You Get Enough, Working Day and Night, Billie Jean, Beat It, Wanna Be Startin' Somethin', Bad, Smooth Criminal, The Way You Make Me Feel, Dirty Diana, Black or White, Heal the World, They Don't Care About Us et Earth Song.

La danse comme partie de la composition musicale

Jackson ne considérait pas la danse comme un simple accompagnement décoratif de la chanson. La chorégraphie faisait partie de la structure musicale : arrêts, rotations et mouvements de jambes correspondaient souvent à des accents précis de batterie, à des notes de basse ou à des interjections vocales. C’est pourquoi nombre de ses séquences chorégraphiques restent reconnaissables même sans le son.

Il n’a pas inventé la plupart des mouvements qu’il utilisait, mais possédait une capacité exceptionnelle à réunir des éléments issus de traditions différentes et à les transformer en un langage scénique immédiatement identifiable. Le moonwalk en est l’exemple le plus célèbre.

Récompenses et records

Selon les données officielles de la Recording Academy, Michael Jackson a remporté 13 Grammy Awards compétitifs sur 38 nominations. Il a également reçu le Grammy Legend Award en 1993 et, à titre posthume, le Lifetime Achievement Award en 2010.

Il a été intronisé deux fois au Rock & Roll Hall of Fame : en 1997 comme membre de The Jackson 5 et en 2001 comme artiste solo.

La carrière solo de Jackson compte 13 singles numéro un au Billboard Hot 100. Parmi ses records figurent les quatre premiers singles Top 10 issus d’un même album solo, sept Top 10 pour Thriller, les cinq premiers numéros un issus d’un même album avec Bad et le premier morceau à débuter directement en tête du Hot 100 avec You Are Not Alone.

Même de nombreuses années après sa mort, son catalogue continue d’obtenir des résultats exceptionnels. En novembre 2025, Thriller est revenu dans le Top 10 américain, et Michael Jackson est devenu le premier artiste de l’histoire du Billboard Hot 100 à avoir des hits solo Top 10 sur six décennies différentes, des années 1970 aux années 2020.

Albums studio de Michael Jackson

La discographie studio solo principale de Michael Jackson compte dix albums — quatre issus de la période Motown et six de sa carrière adulte. La discographie officielle et les données de la Recording Academy confirment cette chronologie.

  • Got to Be There — 1972
  • Ben — 1972
  • Music & Me — 1973
  • Forever, Michael — 1975
  • Off the Wall — 1979
  • Thriller — 1982
  • Bad — 1987
  • Dangerous — 1991
  • HIStory: Past, Present and Future, Book I — 1995
  • Invincible — 2001

Autres projets discographiques importants

  • Blood on the Dance Floor: HIStory in the Mix — 1997, nouveaux morceaux et remixes
  • This Is It — 2009, bande originale posthume du film
  • Michael — 2010, album d’archives posthume
  • Immortal — 2011, musique pour le projet du Cirque du Soleil
  • Xscape — 2014, album d’archives posthume
  • Scream — 2017, compilation thématique
  • Thriller 40 — 2022, édition anniversaire étendue de Thriller

Le catalogue officiel du Michael Jackson Estate classe ces projets séparément et ne les confond pas avec les dix principaux albums studio publiés du vivant de Jackson.

Albums sélectionnés des Jackson 5

  • Diana Ross Presents The Jackson 5 — 1969
  • ABC — 1970
  • Third Album — 1970
  • Jackson 5 Christmas Album — 1970
  • Maybe Tomorrow — 1971
  • Lookin' Through the Windows — 1972
  • Skywriter — 1973
  • G.I.T.: Get It Together — 1973
  • Dancing Machine — 1974
  • Moving Violation — 1975

Après leur départ de Motown, le groupe poursuit sa carrière chez Epic sous le nom de The Jacksons, avec une participation de plus en plus importante de Michael à l’écriture et à la production.

Chansons majeures de Michael Jackson

  • Ben — 1972
  • Don't Stop 'Til You Get Enough — 1979
  • Rock with You — 1979
  • Billie Jean — 1983
  • Beat It — 1983
  • Thriller — 1983
  • Wanna Be Startin' Somethin' — 1983
  • Bad — 1987
  • The Way You Make Me Feel — 1987
  • Man in the Mirror — 1988
  • Dirty Diana — 1988
  • Smooth Criminal — 1988
  • Black or White — 1991
  • Remember the Time — 1992
  • Heal the World — 1992
  • Will You Be There — 1993
  • Scream — 1995, avec Janet Jackson
  • You Are Not Alone — 1995
  • Earth Song — 1995
  • They Don't Care About Us — 1996
  • Stranger in Moscow — 1996
  • Blood on the Dance Floor — 1997
  • You Rock My World — 2001
  • Love Never Felt So Good — sortie posthume, 2014

L’importance majeure de Michael Jackson

Présenter Michael Jackson uniquement comme l’un des chanteurs les plus populaires de l’histoire serait réducteur. Son apport se situe à la croisée de plusieurs domaines. Comme interprète, il associait la précision d’un danseur professionnel à une identité vocale exceptionnelle. Comme auteur, il a créé de nombreux titres devenus des standards de la pop mondiale. Comme producteur et perfectionniste de studio, il a contribué au son extrêmement détaillé de ses albums les plus importants. Comme artiste visuel, il a participé à la transformation du clip musical en une forme de narration à gros budget.

Tout aussi importante était sa capacité à toucher simultanément plusieurs publics. Thriller pouvait réunir un duo avec Paul McCartney, un solo de guitare rock lourd d’Eddie Van Halen, du R&B, du funk et une esthétique d’horreur cinématographique sans jamais se désagréger en éléments stylistiquement incompatibles. Cette universalité est l’une des raisons pour lesquelles sa musique a franchi les frontières de genre, de race et de nationalité.

Son influence se retrouve clairement chez les générations suivantes d’artistes ayant construit leur carrière autour d’une combinaison de chant, chorégraphie et spectacle visuel. Le Rock & Roll Hall of Fame cite notamment Beyoncé, The Weeknd, Bruno Mars, Justin Timberlake, Usher, BTS et d’autres parmi les artistes héritiers de cette tradition.

Une biographie complète de Michael Jackson ne peut cependant pas se limiter aux records et aux réussites. Son histoire comprend également une enfance difficile, une célébrité exceptionnelle, une intrusion permanente de la presse dans sa vie privée, des procédures judiciaires et des accusations qui continuent d’alimenter le débat public après sa mort. Il a été acquitté de tous les chefs d’accusation lors du procès pénal de 2005 ; les accusations ultérieures restent liées à des procédures civiles et à des débats autour de son héritage.

L’importance musicale de Jackson est confirmée non seulement par les évaluations historiques, mais aussi par la longévité inhabituelle de son catalogue. Thriller reste l’album le plus vendu au monde, ses enregistrements continuent de revenir dans les classements, et des œuvres créées plusieurs décennies auparavant fonctionnent non pas seulement comme des objets de nostalgie, mais comme une partie toujours active de la culture populaire contemporaine.

De la voix enfantine de I Want You Back à la maturité dramatique de Billie Jean, Man in the Mirror, Black or White et Earth Song, la carrière de Michael Jackson a traversé plusieurs époques distinctes de l’histoire de la musique mondiale. Il n’a inventé ni la pop, ni le clip musical, ni la danse de rue, mais il a su les réunir dans une forme de show-business mondial dont l’échelle est restée longtemps presque inaccessible. C’est pourquoi sa place dans l’histoire ne se résume ni à un record de ventes de Thriller ni à un seul mouvement de moonwalk, mais à la profondeur avec laquelle son approche de l’enregistrement, de la danse, de la vidéo et de la scène a transformé l’idée même de ce qu’est une star pop moderne.


Écouter la musique Michael Jackson

Michael Jackson - (remix SklyarVital) - They Dont Care About

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Dj S.Isupova - Michael Jackson (The Best)

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Michael Jackson - Remember The Time (Alex's Alternate Version)

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Michael Jackson - Earth Song (DJ TeMa)

Michael Jackson - Earth Song (DJ TeMa)

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Michael Jackson - Little Christmas tree

Michael Jackson - Little Christmas tree

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Michael Jackson & Friends - We Are The World

Michael Jackson & Friends - We Are The World

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Michael Jackson - We Are The World

Michael Jackson - We Are The World

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Michael Jackson - Billie Jean

Michael Jackson - Billie Jean

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Gravediggaz - Michael Jackson Skit

Gravediggaz - Michael Jackson Skit

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Janet Jackson - Scream (feat. Michael Jackson)

Janet Jackson - Scream (feat. Michael Jackson)

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