
DJ Marky est un DJ, producteur, musicien brésilien et fondateur du label Innerground Records. De son vrai nom Marco Antonio da Silva, il est né le 14 juin 1973 dans le quartier de Cangaíba, à São Paulo.
DJ Marky a acquis une renommée internationale en devenant l’un des principaux représentants de la scène drum & bass brésilienne et un DJ de club reconnu pour sa virtuosité technique. Avec XRS, DJ Patife, Drumagick et d’autres musiciens, il a participé à l’émergence d’une scène mêlant les breakbeats et la bass music britanniques aux rythmes, aux mélodies et à l’héritage musical du Brésil. Son plus grand succès commercial reste LK (Carolina Carol Bela), enregistré avec XRS et Stamina MC, qui s’est classé dans le Top 20 britannique.
DJ Marky n’est toutefois pas seulement connu pour ses propres productions. Une grande partie de sa réputation repose sur ses DJ sets : transitions rapides et techniquement complexes, scratching, utilisation simultanée de plusieurs sources sonores et capacité à modifier son programme en fonction de la réaction du public. Le musicien souligne lui-même qu’il se considère avant tout comme un DJ, et non exclusivement comme un artiste de drum & bass. Sa collection et ses sets réunissent jazz, funk, soul, disco, hip-hop, house, techno et musique brésilienne.
Informations essentielles
Nom réel : Marco Antonio da Silva
Nom de scène : DJ Marky
Premier pseudonyme : DJ Marky Mark
Date de naissance : 14 juin 1973
Lieu de naissance : São Paulo, Brésil
Quartier d’origine : Cangaíba
Professions : DJ, producteur de musique, propriétaire de label
Genres principaux : drum & bass, jungle, liquid funk
Label : Innerground Records
Principaux collaborateurs : XRS, Makoto, Stamina MC, S.P.Y, L-Side
Titre le plus connu : LK (Carolina Carol Bela)
Principaux albums : In Rotation, My Heroes, The Time Is Right
Enfance et collection familiale de disques
Marco Antonio da Silva a grandi dans une famille où la musique était constamment présente. Sa mère travaillait comme couturière, tandis que son père était policier et pratiquait la musique pendant son temps libre. La collection familiale comprenait des enregistrements d’artistes brésiliens, ainsi que du jazz, de la soul et du funk.
Parmi les disques ayant façonné ses goûts, Marky cite les œuvres de Jorge Ben, Milton Nascimento, Lô Borges, Marcos Valle, Elis Regina, Antônio Carlos Jobim, Martinho da Vila, Miles Davis, James Brown, Marvin Gaye et Billy Paul. Son intérêt pour les disques est apparu vers l’âge de sept ans.
Les fêtes de quartier de São Paulo ont également joué un rôle important. Les sœurs aînées de Marco les fréquentaient, tandis que lui, encore enfant, écoutait la musique depuis l’extérieur avec ses amis. Il recherchait ensuite à la radio les morceaux entendus et demandait à sa mère d’acheter les disques qui lui avaient plu.
Selon ses propres souvenirs, Marky a commencé à manipuler des platines vers l’âge de onze ans. Plus tard, il achetait des vinyles avec l’argent gagné grâce à de petits emplois temporaires, avant de travailler dans des magasins de disques. La quasi-totalité de son salaire était réinvestie dans la musique. Dans une interview accordée en 2024, sa collection était estimée à près de 30 000 disques.
Un apprentissage autodidacte du DJing
Marky n’a reçu aucune formation musicale professionnelle. Il a appris seul les techniques de mixage en écoutant des émissions de radio et en enregistrant les programmes des DJ brésiliens Ricardo Guedes, Grego, Cuca et Sylvio Muller.
Son premier succès notable fut sa victoire lors d’un concours de DJ organisé par le club Showbusiness, dans l’est de São Paulo. À l’issue de la compétition, l’établissement lui proposa un poste.
Au début, Marky répétait l’intégralité de son programme chez lui et reproduisait chaque semaine presque la même succession de morceaux. Il reconnaîtra plus tard que son licenciement du club lui avait donné une leçon précieuse : un DJ ne doit pas seulement exécuter sans erreur un set préparé, mais comprendre la musique, observer la salle et modifier la direction de sa prestation en temps réel.
Ce principe est resté central tout au long de sa carrière. Marky ne prépare généralement pas de tracklist définitive à l’avance. Le choix du morceau suivant dépend de l’atmosphère du lieu, de la réaction du public et de la manière dont évolue la transition précédente.
Sound Factory et Toco
Le club Sound Factory fut l’un des lieux les plus importants de ses débuts. Marky y travaillait comme DJ résident et bénéficiait de la liberté de jouer les nouvelles musiques électroniques arrivant d’Europe et des États-Unis.
Le club accueillait Laurent Garnier, Josh Wink, Little Louie Vega et d’autres artistes internationaux. Parallèlement, Marky travaillait dans un magasin de disques lié au propriétaire du Sound Factory, ce qui lui donnait accès à des sorties importées difficiles à trouver au Brésil.
L’étape suivante fut le grand club Toco, situé dans le quartier de Vila Matilde. La salle principale pouvait accueillir plusieurs milliers de personnes, tandis que Marky disposait d’un espace séparé où il pouvait jouer une musique plus expérimentale. Il participait également à des événements organisés en journée pour un public jeune.
Au début de sa carrière, le musicien utilisait le nom DJ Marky Mark. Celui-ci fut ensuite raccourci en DJ Marky afin d’éviter toute confusion avec l’artiste américain Marky Mark, pseudonyme alors utilisé par Mark Wahlberg.
Du hip-hop au jungle et à la drum & bass
Les fondations musicales de Marky se sont construites autour du hip-hop, du funk, de la soul et de la musique noire brésilienne. Durant la première moitié des années 1990, le hardcore britannique, le jungle et la drum & bass sont venus compléter ces influences.
DJ Patife se souvenait que Marky lui avait fait découvrir The Dark Stranger du projet Boogie Times Tribe. Cet enregistrement est devenu pour les deux musiciens l’un des exemples fondateurs du nouveau son breakbeat britannique.
Marky et Patife suivaient la scène britannique grâce aux vinyles importés, aux catalogues et aux magazines Mixmag et DJ Mag. Ils s’intéressaient à une musique plus brute et plus complexe sur le plan rythmique, sensiblement différente de l’électronique commerciale jouée dans les grands clubs de São Paulo.
Marky n’a pas abandonné ses premières influences après s’être tourné vers la drum & bass. Au contraire, le funk, la soul, le jazz et les harmonies brésiliennes sont progressivement devenus des éléments essentiels de sa propre vision du genre.
Lov.e, la soirée Vibe et l’ouverture internationale
Après la fermeture de Toco, le musicien est resté quelque temps sans résidence permanente. La situation a changé lorsqu’il a été invité au nouveau club Lov.e, ouvert à São Paulo en 1998.
La soirée hebdomadaire de Marky fut baptisée Vibe. Alors que l’intérêt pour la drum & bass progressait, elle est devenue l’un des centres de la vie nocturne de la ville. L’événement attirait des musiciens, des professionnels de la mode, de la télévision et d’autres milieux créatifs.
Des artistes britanniques ont commencé à se produire au Lov.e. Parmi les invités figurait Bryan Gee, DJ, promoteur et fondateur de V Recordings. Après avoir assisté à une prestation de Marky, il lui proposa de venir à Londres.
Le premier grand set britannique de Marky eut lieu en 1999 lors d’une soirée Planet V au club The Mass, à Brixton. Il se vit d’abord attribuer un créneau précoce devant une salle presque vide. Plus tard, en raison du retard de Grooverider, Bryan Gee demanda au DJ brésilien de reprendre les platines, cette fois devant une salle comble.
Marky utilisa des techniques encore peu connues d’une partie du public britannique : il ouvrait simultanément deux canaux et mixait des disques sans casque. Après cette prestation, il commença à être invité à d’autres événements au Royaume-Uni.
Le lien entre les scènes brésilienne et britannique
À la fin des années 1990, un échange musical durable s’est développé entre São Paulo et Londres. DJ Patife apporta au bureau de Movement des vidéos de soirées brésiliennes, après quoi Bryan Gee et d’autres représentants britanniques commencèrent à collaborer plus activement avec des musiciens du Brésil.
En 2001, V Recordings publia The Brasil EP, première sortie consacrée à la drum & bass brésilienne sur un label britannique. Le disque associait breakbeats lourds, soul, bossa-nova, samba et harmonies plus lumineuses.
Les musiciens brésiliens n’ont pas créé un genre séparé régi par des règles strictes. Leur contribution a consisté à élargir le langage de la drum & bass : la musique pouvait rester rapide et riche en basses tout en intégrant des instruments acoustiques, des accords de jazz, du chant et une rythmique clairement brésilienne.
DJ Marky est devenu le représentant international le plus visible de ce mouvement grâce à l’association de ses productions et, surtout, de sa solide réputation de DJ de club.
Collaboration avec XRS
L’un des principaux partenaires artistiques de DJ Marky fut le producteur brésilien XRS, de son vrai nom Xerxes de Oliveira.
Les deux musiciens se sont rencontrés au début des années 1990. Dans leur travail commun en studio, les rôles se sont répartis naturellement : XRS maîtrisait mieux le matériel, la programmation et l’aspect technique de la production, tandis que Marky apportait des disques, des samples et des idées musicales, et travaillait sur la construction des arrangements.
Ensemble, ils ont créé une part importante du catalogue classique de Marky : LK, Rotation, Soul Samba, Get Down, Breeze, Misto Quente, Moments of Lust et d’autres compositions.
Leur collaboration doit être considérée comme un véritable partenariat entre un DJ-arrangeur et un producteur de studio. Il serait incorrect d’attribuer l’ensemble du son à un seul des deux participants.
L’histoire de LK
La composition LK fut créée par DJ Marky et XRS au début des années 2000. Les musiciens cherchaient à développer leur propre son plutôt qu’à reproduire le techstep britannique sombre qui dominait alors la scène.
Marky apporta en studio un extrait de la chanson Carolina Carol Bela, enregistrée par Jorge Ben et Toquinho en 1970. Son père écoutait ce disque durant son enfance. La guitare acoustique et les éléments vocaux de l’enregistrement original devinrent la base du futur morceau.
La production était techniquement simple. Selon Marky, plusieurs claviers, une console Yamaha et seulement six canaux environ furent utilisés. L’essentiel de la composition fut assemblé au cours d’une seule session en studio.
Le titre de travail est né à la maison. En voyant le sol de la cuisine encore humide après le nettoyage, Marky imagina l’expression Liquid Kitchen, qu’il abrégea en LK. Avant cela, les musiciens appelaient officieusement le morceau Patinha Theme, car ils pensaient qu’il plairait à DJ Patife.
De l’instrumental à la version avec Stamina MC
LK était initialement une composition instrumentale. Bryan Gee la sélectionna parmi plusieurs démos et commença à la distribuer aux DJ britanniques sous forme de dubplates.
Lors d’une prestation, l’artiste britannique Stamina MC improvisa sur l’instrumental une phrase commençant par It’s the way. Le public mémorisa cette partie vocale et se mit à la reprendre lors des concerts suivants.
À son retour au Royaume-Uni, Marky découvrit que des spectateurs réclamaient un titre appelé It’s the Way, qu’il ne connaissait pas. Lorsque la salle commença à chanter la partie de Stamina MC pendant la version instrumentale, les musiciens décidèrent d’enregistrer officiellement le chant.
La version LK (Carolina Carol Bela) fut publiée par V Recordings en 2002. Elle atteignit la 17e place du classement britannique principal, resta six semaines dans le Top 100, se hissa à la deuxième place du classement dance et à la troisième place du classement des singles indépendants.
Ce succès permit à DJ Marky, XRS et Stamina MC de participer à l’émission télévisée Top of the Pops. Pour une composition drum & bass construite autour d’un sample brésilien, il s’agissait d’un rare passage de la culture club à la culture populaire britannique.
L’importance de LK
LK n’était pas le premier morceau à associer drum & bass, jazz, soul ou musique latino-américaine. Son importance résidait dans l’ampleur de sa diffusion et dans la manière particulièrement naturelle dont le matériau brésilien s’intégrait à une forme club britannique.
Le titre a montré que la bass music ne devait pas nécessairement être exclusivement sombre et agressive. Un tempo élevé, des breakbeats et de puissantes basses pouvaient coexister avec une guitare acoustique, des harmonies chaleureuses et un chant facile à retenir.
Après le succès du single, Marky passa d’une activité principalement concentrée au Brésil à des tournées régulières au Royaume-Uni, en Europe, au Japon, en Australie et dans d’autres régions.
LK ne résume toutefois pas l’ensemble de sa carrière. Le morceau demeure son principal succès grand public, mais la réputation de Marky au sein de la scène professionnelle repose bien davantage sur sa technique de DJ, sa sélection musicale et ses nombreuses années de travail dans la culture club.
In Rotation
Le premier grand album studio, In Rotation, est sorti le 9 mars 2004 sous les noms de DJ Marky et XRS. Le disque comprend 12 compositions pour une durée totale d’environ une heure.
Plusieurs directions musicales s’y rencontrent :
- une drum & bass mélodique et orientée soul ;
- des samples brésiliens ;
- des harmonies de jazz ;
- des titres de club plus durs ;
- des compositions vocales ;
- du liquid funk instrumental.
In Rotation comprend LK, Rotation, Soul Samba, Breeze, Get Down, Tijuana Frogs, Moments of Lust et d’autres enregistrements. L’album a montré que l’esthétique brésilienne de Marky et XRS ne se limitait pas à un seul sample acoustique ou à une atmosphère estivale.
Le travail était construit autour du groove et de la réaction du dancefloor. Marky soulignait que l’album n’avait pas été conçu comme un « hommage » formel à une culture ou à un groupe d’artistes précis. Les musiciens sélectionnaient les samples et les idées qu’ils trouvaient intéressants, puis vérifiaient leur efficacité en club.
In Rotation a atteint la 34e place du classement britannique des albums indépendants.
Innerground Records
DJ Marky a fondé son propre label, Innerground Records, en 2003. Son catalogue est devenu une plateforme accueillant aussi bien les sorties personnelles de Marky que les travaux d’autres producteurs de drum & bass.
Innerground a publié de la musique de Calibre, Makoto, S.P.Y, Random Movement, Bungle, Total Science, L-Side, Level 2 et d’autres artistes de la scène internationale.
Le label ne s’est jamais limité à la seule drum & bass « brésilienne ». Son catalogue englobe le liquid funk, des productions soulful, des morceaux de club plus durs et des compositions dans lesquelles la mélodie et le groove occupent une place centrale.
En 2024, Innerground a célébré son 21e anniversaire avec une nouvelle version de Soul Samba, produite par DJ Marky et Makoto.
DJ Marky derrière les platines
Marky est considéré avant tout comme un DJ et un selector. Même après la parution de productions personnelles à succès, le travail en studio n’a jamais remplacé pour lui les prestations en club.
Les principales caractéristiques de ses sets sont :
- un mixage rapide et précis ;
- du scratching au sein de sets drum & bass ;
- l’utilisation simultanée de plusieurs platines ;
- de longues transitions et des superpositions de parties ;
- des changements de genre inattendus ;
- une manière physiquement très active de manipuler les platines ;
- une sélection musicale effectuée directement pendant la prestation.
Ses démonstrations techniques ont acquis une renommée dépassant largement la drum & bass. Les figures spectaculaires ne constituent toutefois pas l’unique contenu de ses sets : Marky considère la technique comme un moyen de maintenir le mouvement du programme, et non comme une démonstration sportive séparée.
Il présente le groove comme le principal critère de sélection d’un morceau. La vitesse elle-même reste secondaire : ce qui compte, c’est la capacité de la musique à provoquer une réaction physique et émotionnelle.
Des intérêts musicaux au-delà de la drum & bass
Marky se produit régulièrement avec des programmes intitulés Influences, dans lesquels il joue les musiques ayant façonné ses goûts : funk, disco, jazz, soul, hip-hop, boogie, house, techno et enregistrements brésiliens.
Il ne considère pas ces genres comme un loisir séparé. Leurs éléments pénètrent constamment dans sa drum & bass :
- le funk détermine la mobilité rythmique ;
- la soul influence les parties vocales ;
- le jazz agit sur les harmonies et les claviers ;
- le disco et le boogie influencent les lignes de basse ;
- le hip-hop nourrit le travail sur les samples et le scratching ;
- la musique brésilienne façonne les percussions, les syncopes et le choix du matériau mélodique.
Cette approche explique pourquoi ses sets peuvent dépasser un tempo unique sans perdre leur logique interne.
DJ mixes et compilations
Avant la sortie de son premier album studio, Marky a publié une série de mixes et de compilations qui ont fait découvrir le jungle et la drum & bass au public brésilien.
Parmi les sorties importantes de cette période figurent Audio Architecture, paru en 2000, et Audio Architecture 2, publié l’année suivante. Ces projets présentaient avant tout Marky comme DJ et curateur de bass music britannique.
En 2004, il a enregistré un Essential Mix pour BBC Radio 1, consolidant ainsi sa position sur la scène britannique.
En 2007 est sorti le projet DJ Marky & Friends Presents: The Master Plan. Il ne s’agit pas d’un album studio solo traditionnel, mais d’une compilation et d’une présentation en DJ mix du catalogue Innerground et des artistes liés au label. Le projet comprenait des titres de Calibre, Logistics, Random Movement, Digital, Bungle et Marky lui-même.
My Heroes
L’album My Heroes est sorti le 15 juin 2015 sur Innerground Records. Il comprend 16 compositions pour une durée totale d’environ une heure et demie.
Son titre fait référence aux musiciens, DJ et proches ayant influencé Marky. Le disque n’est toutefois pas une collection de reprises. L’artiste utilise son propre langage musical pour relier la drum & bass au funk, au jazz, à la soul et aux mélodies brésiliennes.
Makoto, S.P.Y, MC GQ, Singing Fats, Random Movement, A-Sides, Collette Warren et d’autres artistes ont participé à l’enregistrement.
Parmi les principales compositions figurent :
- My Heroes ;
- Roundabout avec Makoto ;
- Get It Up ;
- Around You ;
- Silly ;
- Freedom ;
- Frenesi ;
- Those Moments.
L’album a confirmé que Marky considère le travail en studio comme une extension de la culture DJ : les différentes traditions musicales ne sont pas réunies de manière théorique, mais à travers le rythme, l’enchaînement et la sensation de mouvement.
Collaborations avec Makoto, S.P.Y et d’autres producteurs
Tout au long de sa carrière, Marky a régulièrement travaillé avec d’autres musiciens. Après sa période la plus connue avec XRS, ses principaux partenaires ont notamment été le producteur japonais Makoto, l’artiste brésilien S.P.Y, ainsi que Bungle, L-Side, Random Movement, Pola & Bryson et d’autres représentants de la drum & bass.
Avec Makoto, il a enregistré et retravaillé plusieurs compositions mélodiques, dont Roundabout et une nouvelle version de Soul Samba. Leurs productions sont généralement construites autour de claviers jazz, d’harmonies douces et de breakbeats détaillés.
Les collaborations avec S.P.Y, notamment Yellow Shoes et Brainstorm, montrent un versant plus dense et davantage orienté vers les clubs de la musique de Marky.
La discographie de producteur de Marky ne possède donc pas un son unique et immuable. Le résultat dépend largement du collaborateur, tout en conservant une attention caractéristique portée au groove et à la musicalité.
The Time Is Right
L’album The Time Is Right est sorti le 21 juillet 2023 sur le label britannique Shogun Audio. Il s’agissait du premier grand projet d’album de DJ Marky après une longue interruption et il comprend 15 compositions.
Le matériau a été créé avant la pandémie de COVID-19, pendant les restrictions et après leur levée. Marky a souffert d’une forme grave de la maladie et a été hospitalisé. Une crise personnelle liée à la fin d’une relation s’est ensuite ajoutée à cette période difficile. Ces événements ont contribué au caractère plus émotionnel de l’album.
Le musicien prévoyait initialement de travailler principalement seul, mais il a finalement fait appel à des amis et à des collaborateurs réguliers. Parmi les participants figurent :
- Pola & Bryson ;
- Makoto ;
- Charli Brix ;
- SOLAH ;
- MC GQ ;
- L-Side ;
- Alibi ;
- Melinki ;
- D’Cypher ;
- Harry Shotta.
Les principales compositions sont Colours of My Mind, Natural Feeling, Back & Forth et Wrong Hands.
The Time Is Right n’abandonne pas la drum & bass énergique destinée aux clubs, mais accorde davantage d’attention aux expériences personnelles de l’artiste, au soutien de ses amis et à la reconstruction après une période difficile.
Kochi EP
En 2024, Innerground Records a publié le Kochi EP, nommé d’après une ville japonaise qui avait fortement marqué Marky lors d’une tournée.
Le projet comprend :
- Kochi ;
- Star Trippin’ ;
- (It’s Just a) Simple Song ;
- Soul Samba — DJ Marky & Makoto Remix 2024.
Le dernier morceau est une nouvelle version d’une composition initialement enregistrée par Marky et XRS en 2004. La sortie de l’EP s’est accompagnée d’une tournée au Japon.
DJ Marky & Friends
En parallèle de son label, Marky développe la série de concerts DJ Marky & Friends. Son format repose sur une conception élargie de la drum & bass : les programmes réunissent des artistes de différentes générations, des MC, des producteurs et les collaborateurs réguliers de Marky.
La série a été organisée au Brésil et au Royaume-Uni. En février 2026, DJ Marky & Friends s’est tenue au KOKO de Londres avec Pola & Bryson, Breakage, Makoto, Kira, MC GQ, SP et MC Rage.
En juillet 2026, DJ Marky poursuit ses tournées internationales, se produit avec des programmes de drum & bass et des sets Influences ouverts à différents genres, tout en dirigeant le catalogue d’Innerground Records.
Style musical
La musique de DJ Marky est le plus souvent classée dans la drum & bass et le liquid funk. Le terme liquid funk ne décrit toutefois qu’une partie de son catalogue.
Ses productions comprennent :
- des breakbeats rapides ;
- des basses profondes, mais pas toujours agressives ;
- des claviers jazz ;
- des voix soul ;
- des samples acoustiques brésiliens ;
- du funk et du boogie ;
- des éléments de samba et de baião ;
- des lignes de basse puissantes destinées aux clubs.
Les éléments brésiliens ne sont pas présents dans chaque composition et ne sont pas utilisés comme une caractéristique décorative obligatoire. Marky peut produire des morceaux sans référence nationale évidente tout en restant reconnaissable grâce au swing rythmique, aux harmonies et à la sensation générale de mouvement.
Son approche se distingue de la formule simpliste de la « samba posée sur de la drum & bass ». L’influence brésilienne ne se manifeste pas uniquement par des samples directs, mais également dans sa conception du groove : les percussions et la basse doivent évoluer avec souplesse, tandis que la mélodie occupe une place égale à celle des fréquences graves.
Principaux albums
In Rotation — 2004
Album studio commun de DJ Marky et XRS. Il contient LK, Rotation, Soul Samba, Breeze, Get Down et d’autres enregistrements essentiels de leur période classique.
My Heroes — 2015
Premier grand album solo de Marky. Il réunit des compositions originales, des collaborations et les influences musicales ayant façonné sa carrière.
The Time Is Right — 2023
Album publié par Shogun Audio, marqué par la pandémie, les expériences personnelles de l’artiste et ses collaborations avec des amis issus de la scène drum & bass internationale.
Mixes, compilations et EP importants
- Audio Architecture — 2000 ;
- Audio Architecture 2 — 2001 ;
- The Brasil EP — participation, 2001 ;
- DJ Marky & Friends Presents: The Master Plan — 2007 ;
- Influences — compilation DJ multigenre ;
- Run the Streets EP — 2020 ;
- Kochi EP — 2024.
Principales compositions
LK (Carolina Carol Bela)
Enregistrement commun avec XRS et Stamina MC. Construit autour d’un sample d’une chanson de Jorge Ben et Toquinho, il est devenu le seul single de Marky à atteindre le Top 20 principal au Royaume-Uni.
Rotation
L’une des compositions centrales de l’album In Rotation. Elle associe des harmonies douces à un rythme de club dense.
Soul Samba
Collaboration avec XRS illustrant la dimension brésilienne de leur drum & bass. En 2024, Marky et Makoto ont produit une nouvelle version du morceau.
Breeze
Composition mélodique de la période classique, disponible dans plusieurs versions et remixes.
Moments of Lust
Composition vocale avec Vikter Duplaix, associant la drum & bass à la soul et à l’écriture électronique contemporaine.
Yellow Shoes
Collaboration entre DJ Marky et S.P.Y, qui a bénéficié d’une visibilité supplémentaire grâce à un remix de Calibre.
Silly
Titre de l’album My Heroes dont la popularité a fortement progressé plusieurs années après sa sortie initiale.
Colours of My Mind
Collaboration avec Pola & Bryson liée à la période personnelle et émotionnelle durant laquelle The Time Is Right a été créé.
Natural Feeling
Composition avec Charli Brix et Alibi, mêlant liquid drum & bass vocale et sens mélodique caractéristique de Marky.
DJ Marky a joué un rôle central dans la reconnaissance internationale de la drum & bass brésilienne. Il n’était pas le seul acteur de cette scène : DJ Patife, XRS, Drumagick, DJ Andy et de nombreux autres musiciens travaillaient à ses côtés. Marky a cependant réuni trois qualités qui lui ont permis de devenir la figure la plus visible du mouvement :
- une technique exceptionnelle de DJ de club ;
- la capacité à relier les cultures musicales britannique et brésilienne ;
- une composition commercialement réussie ayant dépassé les limites de la scène underground.
LK lui a ouvert l’accès à un public mondial, mais ce n’est pas un seul succès qui a assuré la longévité de sa carrière. Marky est resté demandé grâce à son rapport de collectionneur à la musique, à sa capacité à travailler avec différentes générations de producteurs et à son refus de transformer ses sets en spectacles entièrement programmés à l’avance.
Son héritage réside également dans l’élargissement de la perception de la drum & bass. Après la vague brésilienne, la bass music rapide pouvait être non seulement sombre ou technologique, mais également chaleureuse, mélodique, funky et ouverte aux traditions musicales nationales.
DJ Marky reste avant tout un DJ : une personne qui construit un récit musical à partir de ses propres productions et des enregistrements d’autres artistes, qui lit l’atmosphère du public et transforme sa maîtrise technique des platines en une véritable forme de performance scénique.
